GIL CHEVIGNE : LA POLYVALENCE DU BOUT DES DOIGTS

Photographies © Michael Roemers / © Vanessa Russo Gracinhas
Interview > Rachel Thonart Nardellotto
Rédaction > Eugénie Baharloo

 

 

Gil Chevigné flirte avec la batterie et le clavier, avec la photo et la vidéo, avec la vegetal noise, la noise expérimentale et ce que certains nomment « le métal ». Quatremille lui a posé des questions! Il nous parle de Liège d’avant, de Liège de maintenant et de ses différents projets musicaux : Thot, Helium Horse Fly  et OLDD WVRMS.

 

 

 

Quatremille : «Donne-moi ta punchline ! »

Gil : « Do more with less »

 

Quatremille :  « Peux-tu nous définir tes différents projets musicaux/artistiques et tes influences? »

Gil : « Je suis investi dans plusieurs groupes et j’essaie de m’occuper en faisant pas mal d’autres activités sur le côté. Tout d’abord, il y a Thot ( Black basset records) dans lequel je joue depuis une grosse dizaine d’années. On fait de la « vegetal noise » musique, on a plusieurs albums derrière nous et pas mal de tournées, principalement en Europe de l’Est où on a immédiatement reçu un très bon accueil. Là, on est à quelques semaines de l’enregistrement de notre prochain album avec Magnus Lindberg – Cult Of Luna – et Amaury Sauvé. On a pris une direction assez différente de celle suivie lors de nos albums précédents et je suis impatient de l’enregistrer puis de le défendre sur scène!

Je suis également dans Helium Horse Fly dont le style est plus « noise expérimentale ». J’ai rejoint le groupe il y a trois ans : c’était un gros défi pour moi car c’est très technique et assez éloigné de ce que j’avais l’habitude de jouer. J’ai eu le plaisir de faire une grosse partie des dates de la tournée de l’album précédent et j’ai participé à toute la composition du nouvel album que nous avons fini de mixer il y a quelques mois. Il est un peu tôt pour en parler, mais nous devrions avoir une grosse annonce à faire concernant cet album au printemps 2017!

Je joue maintenant du clavier dans OLDD WVRMS (doom/sludge) pour qui j’avais déjà fait les ambiances et synthés drones des albums précédents. Ce sont tous des amis de longue date avec qui j’ai participé à d’autres projets, albums studios, etc. L’atmosphère présente dans les morceaux est très importante et l’ajout des claviers en live permet de retransmettre tout ça. On a pris le temps de voir comment travailler le live à quatre, et maintenant, on va travailler sur de nouveaux morceaux en intégrant d’avantage les claviers dans la mélodie.

Je fais également beaucoup de remplacement lorsqu’un groupe a besoin d’un batteur pour une date ou certaines occasions. J’aime beaucoup les défis comme devoir apprendre rapidement des morceaux que je ne connais pas, rejoindre des gens avec qui je n’ai jamais joué et rentrer dans une structure déjà établie, dans laquelle je n’ai pas à me soucier de la composition, de l’organisation, etc. C’est ainsi que je participe à Volver ou plus régulièrement avec The K. dont le batteur est pas mal occupé aussi et avec qui on se partage les dates depuis un peu plus d’un an. »

 

Quatremille :  « Existe-t-il un projet que tu voudrais mettre à l’honneur et pourquoi? »

 Gil : «J’ai eu quelques problèmes de santé récemment dont je ne suis pas encore tout à fait sorti, mais j’en ai profité pour me changer les idées en faisant davantage de vidéos et photos depuis quelques mois. Avec le soutien de quelques personnes avec qui je fais ou j’ai fait de la musique, j’ai pu tourner quelques clips, mais aussi, des capsules sur la convention de tattoo « ToxCit’Ink ». On m’a aussi encouragé à faire des covers de morceaux que j’apprécie à la batterie, etc. C’est un truc qui me plait énormément et que j’aimerais développer. J’ai quelques idées pour la suite mais j’attends de voir comment mon état va évoluer.»

 

Quatremille :  « Le métal est une musique plutôt ambivalente : à la fois ultra violente et parfois très poétique. Où te situes-tu? »

 Gil : « J’avoue que je ne me pose pas vraiment la question de savoir où je me situe et que, dans l’absolu, j’ai du mal à définir ce qu’est « le métal ». Comme tu le dis, c’est un style de musique assez ambivalent même si certains ne voient « le métal » que comme « de la musique qui va fort », « des grosses guitares » « des gens tatoués et habillés en noir », dans ce cas je sais que j’ai une image estampillée « métal » à cause de mon look et de nombreux projets auxquels je participe.

Y’a aussi pas mal de groupes qui se contentent d’être « bêtes et méchants » mais je pense sincèrement que mes groupes ont une esthétique et/ou un message qui va au-delà des stéréotypes. J’ai aussi participé à des trucs très différents comme Two Kids On Holiday, The Waow, ou De Parrot du coup je ne me positionne pas vraiment dans tout ça. J’aime seulement faire de la musique, peu importe le style ou « la scène » tant que ça me plait et que j’y trouve un challenge me permettant d’évoluer. »

 

Quatremille :  « Quid de la scène métal liégeoise? Faire de la musique, ici, ça amène quoi , ça freine en quoi? »

Gil : « A nouveau, je ne sais pas si je suis la personne la mieux placée pour en parler car je sors assez peu et n’ai probablement pas la meilleure vue pour en faire un bilan. J’étais plus impliqué à l’époque du Factory, Phoenix, de la péniche Inside-Out et du forum « Liège métal ». Je crois qu’il y a toujours beaucoup de choses qui bougent et qui se font à Liège. Notamment à la Légia et au Reflektor qui, au travers de sa programmation, semble s’ouvrir à des nouvelles choses. Je croise les mêmes gueules qu’il y a 10 ans et dans un sens ça fait plaisir! Les gens se sont un peu mélangés, ça a créé de nouveaux groupes.  Tout le monde se reconnait, se parle, se raconte des anecdotes « d’avant ». Mais je n’ai pas l’impression de voir de nouvelles têtes. Encore une fois, ça vient peut-être du fait que je ne sorte pas énormément mais je me souviens que, quand j’avais 16 ans, on était plusieurs « jeunes groupes » – Folcore, Insickcure, les Skalators – mais là,  je vois peu de monde que je n’ai pas déjà vu dans le milieu musical liégeois depuis des années.

Foncièrement, la « scène métal Liégeoise » que je vois me paraît proche et relativement soudée avec les années. Les gens ont mûris, s’échangent des plans, participent aux projets des uns et des autres(roadies, ingénieurs du son, lights, etc). Faire de la musique ici ça amène quoi? Je pense que malgré les fermetures, il reste pas mal de lieux dans lesquels aller jouer. Y’a toujours des gens partant pour rendre service, il y a plein de personnes hyper compétentes dans leurs domaines : les studios, SMART, les organisateurs de concerts, etc. Bref, je pense que quand on veut se lancer ici, il y a moyen de facilement se faire des contacts. Ca freine en quoi? Il faut juste ne pas tomber dans le piège de ne faire QUE jouer à Liège contre un sandwich et quelques bières, ou à des tremplins. Il faut un peu se mettre en danger, refuser des plans, aller jouer plus loin, ne pas se contenter de peu.»

 

Quatremille :  « Liège en deux mots? Ton QG à Liège? »

 Gil : « Liège en deux mots: Talents et initiatives. Initiative comme la vôtre par exemple. Mon QG : Mon bureau – je ne sors définitivement pas assez de chez moi – mais si je devais en avoir un, ce serait le Mad Café ou chez Get Your Mug

 

Quatremille :  « Quelles actus à venir pour tes divers projets? »

Gil : « Comme je le disais, il y l’enregistrement d’un album pour Thot et la sortie d’un album pour Helium Horse Fly, avec qui j’espère officialiser une grande annonce au printemps 2017. Puis des dates dans le sud du pays et à l’étranger avec OLDD WVRMS. Il y aussi la volonté de continuer d’évoluer dans la vidéo. »

 

           

 

On check, on like et on suit Gil et ses diverses aventures artistiques en découvrant les pages facebook de Thot, Helium Horse Fly et OLDD WVRM! Pour découvrir son travail de vidéaste et photographe, c’est par ici et par !

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