FRONT 242, UN GROUPE MYTHIQUE AU FAN CLUB IMPRESSIONNANT !

Interview: Cécile Botton / Photos: Helem 58 Pics Creator & Phta Photo

A l’occasion du Nandrin Festival, Quatremille est parti à la rencontre de Front 242. En 37 années d’existence, ce groupe mythique a toujours un fan club très actif. Comment expliquer ce succès dans la durée ?

C’est à la fin du concert que Daniel, le claviériste est venu me retrouver le temps d’une chouette discussion. Impressionnée par leur show, une question me brûle les lèvres… Comment se sent-on après avoir sauté dans tous les sens alors qu’on n’a plus 20 ans ?

Daniel sourit à ma question. Il faut dire que derrière son clavier, il bouge nettement moins que ses deux comparses de l’avant-scène. « Ces deux-là, je peux dire qu’ils sont cassés », lâche-t-il. D’ailleurs, il est loin le temps des longues tournées. « En général, on fait des concerts à la carte avec un maximum de deux par weekend. » Il est vrai que Richard avec son tonus d’enfer n’a pas arrêté une minute ! Leur secret : le sport, bien nécessaire, pour maintenir une telle condition physique !

Un groupe qui dure… Et pourtant, les débuts en 81 ne furent pas faciles. Dès le départ, ils proposent quelque chose de marginal, de typiquement belge. « Je pense », explique Daniel, « que l’arrivée des premiers synthétiseurs bon marchés nous a permis de repenser la manière de faire de la musique. » Aucun musicien dans le groupe! Alors, ils se lancent dans une nouvelle esthétique musicale. Les membres ont ainsi développé l’art du collage musical. En effet, il ne s’agit pas vraiment de composition car il n’y a ni arrangeur, ni compositeur. Ce sont juste des agencements de sons… « C’est un peu comme de la sculpture de sons… mais pour ça, il faut du talent, de la chance et aussi beaucoup de boulot,  il n’y a pas miracle dans tous les métiers c’est comme ça ! », conclut Daniel.

Et les huit années de patience, persévérance et travail finissent par payer. « On y est arrivé à coup de volonté », me souffle Daniel, « on a eu beaucoup de bol… cinq chaines télévisées en Belgique, la venue du CD, … tout ça nous a permis de nous exprimer en tant que Belges du centre de l’Europe. » Front 242 a toujours réussi à faire les choses différemment, une des raisons pour laquelle la reconnaissance est arrivée d’un peu partout en Europe et même du monde entier. Lors de leur dernière tournée aux USA, ils ont encore rempli des salles de 1500 personnes. Pas vraiment un gros public, mais un fan club resté très fidèle ! D’ailleurs, le nombre de T-shirts présents au m² suffit à nous convaincre !

© Phta Photo

Un style musical étrange et jamais copié, un dynamisme scénique qui ne faiblit pas assurent leur longévité. « Notre groupe reste un gros concept » explique Daniel, « comme un bon fromage de chèvre, ça se vend toujours ! Donc, on continue… Surtout quand le public répond comme ce soir, c’est chouette ! »

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Des projets d’avenir…

Plein d’humour, Daniel lâche, «  Ben l’avenir… on est quand même au bout là… ». Leur créativité est toujours intacte et ils ont une vingtaine de morceaux bien en place. Cependant, une question taraude le groupe, cela vaut-il encore la peine d’enregistrer des albums ? « À l’heure actuelle », enchaine le claviériste, « la vraie plate-forme de création pour les artistes, c’est le live… Une formule assez complète puisqu’il y a le son, la physicalité de la musique, la chorégraphie, les lumières, les vidéos, … une conception artistique beaucoup plus intéressante et surtout financièrement plus rentable que le studio. Dès lors, ils ont tendance à recréer leurs spectacles en live. « Paradoxalement », poursuit l’artiste, « il faut quand même proposer quelques nouveaux morceaux donc je crois que nous retournerons très bientôt en studio pour enregistrer un EP… enfin, peut-être ! »

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Et la musique pour toi…

« La musique pour moi», explique Daniel, « ce n’est qu’une toute petite partie de mon travail car je crois que l’univers des sons est de loin le domaine qui est le plus excitant. L’ouïe n’est pas un sens très développé chez l’homme puisque l’essentiel passe par nos yeux. Pourtant, la musique nous entoure à 360° et de manière permanente. Sans arrêt, j’entends la musicalité des sons : réveil, marteau piqueur, radio, … mais surtout, c’est une matière à sculpter extrêmement existante car les sons peuvent être associés à l’infini. C’est ma passion, mon travail aussi puisque j’enseigne les sons ! »

Trois fois au Nandrin et toujours aussi heureux d’y être ?  « Oui, j’ai toujours bien aimé ce festival », enchaine Daniel, « tu es libre d’aller dans les loges, les gens sont cools,…  ce n’est pas comme dans certains lieux où tout est cadré, interdit, où tu as des contrôles toutes les deux minutes, … Ici, c’est vraiment une chouette ambiance avec ce côté familial, amical,… c’est toujours un plaisir de revenir ! »

 

 

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