FRANC’OFF : LE TREMPLIN DES ARTISTES ÉMERGENTS

Rédaction : Naomi Bussaglia // Photos : Christophe Dehousse

Des petites scènes pour artistes débutants, les festivals en ont presque tous. Mais les Francofolies de Spa vont un pas plus loin. Chaque année, un véritable programme dédié à la découverte est mis en place. La démarche se veut grand public et offre un espace privilégié à des artistes qui le méritent, peu importe le milieu musical duquel ceux-ci se sont échappés. Une initiative à côté de laquelle Quatremille ne pouvait pas passer !

Déborah Biver : la sensibilité dure 30 minutes

Si la douceur avait un nom, elle aurait pris ce week-end celui de Déborah Biver. Sa guitare en mains, ses yeux baissés vers un public timide, elle ouvre cette troisième journée du concours des Franc’off et le temps tourne au ralenti. Si au loin on entend le lourd beat s’évader des grandes scènes, une barrière se dresse entre ce monde-là et celui de Deborah. Ce que retiennent les festivaliers de sa prestation ? Sa facilité à toucher un public qui n’était pourtant pas encore le sien. 

Tibidi : danser en se marrant

On a testé pour vous : danser aux Francos à 14h, avec seulement une bière dans le sang. Avec Tibidi, c’est possible ! Ces trois amies, comédiennes, chanteuses, artistes belges débarquent sur scène déjà en riant. On les présente comme “un trio vocal”, et on leur reconnaît bien ça, leurs voix se fondent en un seul son presque divin alors qu’elles entament leurs propres compositions. Leurs textes sont drôles et nouveaux. Elles expliquent que ce set est tout aussi neuf pour leur public que pour elles. Alors au fil d’une rime fusillée avec rapidité, elles alimentent leur relation avec des spectateurs déjà acquis ou nouvellement conquis.

Les concerts qu’elles ne manqueront pas durant les Francos ? Feu! Chatterton, Camelia Jordana et… Patrick Bruel ! Parce que « c’est pas tous les samedis qu’on peut dire avoir vu Patriiick » !

Turquoise : du new wave en 2019 ?

Orage et guitares grondants, le groupe Turquoise monte sur scène devant une foule importante mais recroquevillée sous les trois arbres du parc spadois. Et si seulement quelques braves fans scandent les paroles de “Parabole” et “Miroir” devant la scène Sabam For Culture, c’est une foule de capes colorées qui se dandine en retrait. Les sons aux influences eighties s’élancent vers un public inconnu aux quatre belges. « On a l’habitude de faire l’ouverture de vieux groupes qui ont connu leur âge d’or en 80 » nous explique Sarah, la voix de Turquoise. « On est un peu nostalgiques d’une époque qu’on a pas connue. » Et c’est exactement ça qui touche leur public. La possibilité de traverser des dimensions et de retourner en arrière, lors d’une époque bien réputée pour la plupart des festivaliers présents ce samedi. Le nombre de personnes augmente malgré le choc des générations, et celui des températures qui ne cessent de monter désormais. Le soleil foudroyant tremble au son du clavier et réchauffe la plaine de la scène Sabam durant les trente prochaines minutes, le temps d’encourager le jeune groupe. Créé en 2016 et rejoint par « les deux Maxime », ce quatuor perce peu à peu les couches générationnelles grâce à leur plus grande qualité : leurs différences. Ils ont trouvé un équilibre entre les influences pop, rock, indie, et eighties de chacun, afin de créer leur propre musique. Et ça fonctionne ! Ils seront élus troisième lauréat des Franc’off 2019 et on leur souhaite longévité sur ce « nuage » comme ils se plaisent à le dire.

Les concerts qu’ils ne manqueront pas durant les Francos ? « TOUS ! » Mais tout particulièrement Rive, The magician, et Bagarre.

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