LES FILLES DE HIROHITO: L’HISTOIRE DE DEUX MECS

{ Les Filles De Hirohito }
Interview > Sophie Breyer
Rédaction > Eugénie Baharloo

 

 

 

A l’origine, un duo belge entre une guitare et une voix, les filles de Hirohito ont fait, pendant des années, des expérimentations, performances, concerts, du théâtre musical, des films et des dessins! Là ils répondent aux questions de Quatremille, on vous laisse découvrir ce qu’ils ont à dire!

 

 

 

Quatremille : « Donnez-moi votre punchline (credo/maxime)? »

Les Filles de Hirohito : « Toujours au milieu du jeu de quilles »

 

Quatremille : « Pourquoi “Les filles de Hirohito” ? »

Les Filles de Hirohito : « D’abord, c’était une blague, ensuite ça a été une de nos premières histoires chantées – l’histoire de 3 ouvrières japonaises du côté d’Hiroshima qui se retrouvaient propulsées dans le temps et l’espace lors de l’explosion de la bombe atomique. »

 

Quatremille : « Définissez votre projet artistique (vos influences, vos activités) ? »

Les Filles de Hirohito : « Au départ, (2008 quand même) on a eu envie de dire et chanter en français sur de la musique. C’était très fermé à l’époque, en dehors du rap, c’était presqu’interdit de chanter en français. De fil en aiguille, on s’est retrouvé avec des voyages, des histoires, des images, des objets et de nouvelles capacités. Le résultat devient un peu bizarre et ça a dépassé la musique : on a très rapidement concrétisé le rapport texte/instrument en produisant la version musicale d’une histoire en prose qui a voyagé pendant deux ans. Nous avons réalisé nous-mêmes un film d’animation, on a été jusqu’en Haïti rencontrer les artistes. Cela nous a permis de faire des performances dans des musées, des expos, des clubs, où l’on réinventait quasi tout à chaque fois. Au bout de quelques années, on s’est retrouvé avec toutes ces matières, sans penser à faire un disque. Résultat, maintenant on en fait deux d’un coup : SINGLE (Célibataire) et (Hors-Jeu) LA VIE EST BELLE, qui ont tous les deux leurs propres imageries. Le tout sera produit physiquement sous forme d’un magazine, et pour la release party on prévoit une expo. En fait, on fait du multidisciplinaire, sans le dire et sans concept. Bon… maintenant c’est dit, mais ça ne change rien !
Le plus important, c’est que la musique, c’est des relations au sens fort du terme : elle ouvre à tout, mais ne se ferme à rien, alors nous on se promène là-dedans. »

 

Quatremille : « Il y a une certaine dérision dans vos chansons et vos clips, à quoi vous sert ce second degré ? »

Les Filles de Hirohito : « Disons qu’on tente de se situer entre les deux : entre le premier et le second degré. Maintenant on est en 2016, le rock a soixante ans, la variété française en a cinquante et la musique dite expérimentale a au moins le même nombre d’années. Alors je trouve que c’est un peu compliqué de faire comme si, à chaque fois, on inventait l’eau chaude. La dynamique d’innovation dans la musique, elle vient surtout des machines. Mais bon… chaque genre répond à des codes. Donc nous, quand on a la force de production (désir, action et pognon) on aime bien jouer avec les codes. L’album qui arrive c’est 8 chansons rock en Français (dont une en créole haïtien) et chacune répond à des codes un peu différents, le point commun c’est la présence de la guitare. Comme c’est un double album, le deuxième volet, c’est carrément passé outre le format chanson, en laissant pénétrer des sons concrets et de la langue anglaise. Les clips sont importants, ils sont à chaque fois des « ré-créations » où l’on ajoute un sens, qui peut faire hésiter sur le sérieux, ou son manque parfois… (rire) »

 

Quatremille : « Dans Il pleut et dans Ni porte ni fenêtre, on se rapproche d’une poésie plus brute. Selon vous, qu’est-ce qui importe le plus, vos mots ou vos mélodies ? »

Les Filles de Hirohito : « Les deux, c’est ça l’enjeu, faire tenir les deux en même temps. Même si le chanteur chez nous a un côté théâtral un peu exaspérant, mais bon, il se soigne ! (rire)
« Il pleut » c’est un texte du poète liégeois Pascal Leclercq « Ni porte ni fenêtre », où il n’y a que la voix. C’est une idée de Rudy Coclet, l’ingénieur son, on avait enregistré texte et musique. Ensuite, il a viré la musique pour régler la voix, il a trouvé ça bien et nous aussi.

Comme pour tout, nous aimons bien l’idée de résonance, plus que d’opposition. Ça me semble un peu mieux traduire le flux des choses et leurs effets, plus que l’arrêt dans une image et une identité… C’est le business qui a besoin d’identités et d’images arrêtées, mais bon, là on s’égare.
Concrètement on n’oppose jamais texte et musique, idée et geste non plus d’ailleurs. Après, cela reste des signes de reconnaissance : quand on a fait du théâtre, on nous a parfois pris pour des cons parce qu’on balançait les choses directes avec une guitare électrique. Au niveau de la scène rock, on est parfois pris pour des intellos parce que c’est du français et qu’on ne chante pas seulement des refrains en draguant la jeune fille. L’un dans l’autre finalement, on s’y retrouve plutôt bien, mais pas notre banquier…
Nous avons trouvé nos âmes sœurs musicales auprès de musiciennes d’Anvers, les Apocalypso Trio. Elles trouvent très chouette cette idée de chanter du français, pour elle ça change du ronronnement habituel que l’anglais imprime à toutes les musiques. Venant de ces formidables musiciennes néerlandophones, qui chantent le plus souvent en anglais, ça nous a vraiment fait plaisir. Quand on partage avec elles des performances, on sent qu’on approche de la formule sacrée où texte et musique passent leur temps à se renvoyer la balle. Parfois, on y ajoute de l’anglais, du flamand, et du créole. Et puis… en tant que filles japonaises, jouer avec des filles flamandes, c’est absolument délectable. (rire) »

 

Quatremille : « En quoi Liège est-elle un frein ou un tremplin pour des groupes comme le vôtre ? »

Les Filles de Hirohito : « Ni un frein, ni un tremplin, on est un peu vieux pour ça et on est aussi souvent du côté de Bruxelles. Liège est une ville absolument formidable et horripilante (c’est le liégeois qui parle). Pour une ville provinciale, il y a vraiment beaucoup de choses. Maintenant… il y a parfois à Liège, qui est pourvu de beaucoup de cloches, un côté bataille de clochers que le vrai liégeois connaît bien et qui est un peu triste dirons-nous. Malgré tout, depuis que nous sommes des nouveaux liégeois, nous sommes vraiment ravis des dynamiques croisées : la DynamoCoop, la place de l’université aussi et ses liens avec l’extérieur, les différents lieux de musique qui vivent malgré les monopoles et les difficultés actuelles liées au monde musical.
On sent qu’une nouvelle génération arrive et a des envies qui ne sont plus directement rabattues par le cynisme, qui est un luxe, ne l’oublions pas. Le cinéma aussi, peu de villes de cette taille ont une offre aussi diverse au niveau production et diffusion. Avec la Meuse, Liège a la nana qui la rend belle et quelques pères peinards au sommet des collines qui l’entourent. »

 

Quatremille : « Liège en deux mots ? »

Les Filles de Hirohito : « Désirable et diabolique. »

 

Quatremille : « Votre QG à Liège ? »

Les Filles de Hirohito : « Le film du dimanche au cercle du Laveu.
La meilleure bière à la Casa Ponton.
La bouffe, c’est le Paris-Brest qui vient de déménager rue du Pont. »

 

Quatremille : « Quelles sont vos actus à venir ? »

Les Filles de Hirohito : « Les sorties digitales des 4 derniers clips et des deux albums SINGLE (Célibataire) et (Hors-Jeu) LA VIE EST BELLE.
Le 14 janvier, on fait à deux une petite performance, en ouverture de nos amis de Frigo Tacyte au Hangar.
Fin mars, on présente à la Space le double album. Il fera l’objet d’une expo et d’un magazine imprimé. Nous sommes en contact avec un lieu à Bruxelles et un à Paris pour faire de cette release un évènement un peu spécial.
Sinon, on prépare pour la rentrée 2017 un live avec le contrebassiste Cyrille de Haes qui nous accompagne depuis 3 ans maintenant et les musiciennes Anversoises déjà mentionnées – cela s’appellera l’ALLIANCE MUZIEK BELGE, ou quelque chose comme ça : rendez-vous à la rentrée 2017 au Centre Culturel de Chênée. »

 

 

Merci Les Filles de Hirohito!


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