EYES FACES : LES DJS LIÉGEOIS QUI VEULENT CÔTOYER LES SOMMETS

Rédaction : Guillaume Scheunders

La crise du Coronavirus impacte sévèrement le milieu culturel via l’annulation de concerts, expositions et toutes sortes de représentation. Si nous sommes aujourd’hui empêchés de nous déplacer, la musique, elle, peut continuer à sortir. C’est le cas du premier EP du duo Eyes Faces: Sorry I’m Busy. Interview.

Eyes Faces © D.R.
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Eyes Faces © D.R.
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Ils sont liégeois, montent sur scène depuis peu sont pourtant déjà reconnus par des labels et producteurs prestigieux. Ce duo, c’est Eyes Faces, composé de Axel et Julien, deux Liégeois de 25 et 26 ans, passionnés de musique électronique depuis toujours. Récemment, ils se sont fait repérer par le duo Supernova, fondateur du label Lapsus Music, avec leur morceau Celsius. Un titre qui figurera même sur la playlist du célèbre Sonar Festival de Barcelone, une pointure parmi les événements de musique électronique européens. Aujourd’hui, ils présentent leur premier EP Sorry I’m Busy, sorti chez les Italiens de Stéréophonic. Des signatures qui n’augurent que du bon pour le duo lorsqu’on connaît la difficulté de se faire une renommée dans ce milieu. Mais comme pour tout, le travail paye et la reconnaissance en découle. « Nous avons envie que nos productions soient écoutées et reconnues dans le monde. Celsius a d’ailleurs été joué par Steve Lawler (NDLR: 5x meilleur DJ de tech-house) au Sunrise Festival, un des plus gros événements musicaux polonais » se félicite Axel. Le duo a également été approché par le producteur belge Kolombo au sujet du même morceau.« Il nous a félicité et nous a dit qu’il jouait le son en live et qu’il s’en était même fait sa propre version. C’est un honneur d’être si rapidement approché par des artistes internationaux. »

L’histoire de Eyes Faces commence il y a une grosse dizaine d’années, sur les bancs de l’école. « Avec plusieurs amis en commun, nous nous sommes vite retrouvés dans le même groupe. En plus de ça, nous jouions dans le même club de football (NDLR: le RFC Liège), on se voyait donc très souvent. Avec le temps, nous sommes devenus de très bons amis », raconte Axel, « La création du duo était une évidence, cela s’est fait naturellement à vrai dire. Nous avions tous les deux des idées, la même mentalité, on se connaissait très bien. Nous étions sûrs que ce duo nous apporterait quelque chose musicalement et humainement. »

L’aventure musicale, c’est Axel qui l’a tentée en premier. En 2014, il commence à se produire dans un style encore assez mainstream. Julien, de son côté, ne mixe pas encore publiquement. Il faudra attendre 2016 pour les voir apparaître à l’affiche des salles liégeoises comme le Reflektor, le Studio 22 ou l’Escalier, mais aussi au Luxembourg et en France. Et c’est seulement l’an dernier qu’ils se produisent en tant que duo, lors de la closing du Cadran. Le groupe a également effectué une translation vers un style de musique plus spécifique. « Avec les années, nous nous sommes dirigés vers la house, puis la techno, mais le style qui nous correspond totalement, c’est la tech-house » précise Julien. 

Après avoir fait leurs preuves derrière les platines, ils décident de toucher à la production. Ils se lancent de façon autodidacte courant 2018 et sortent des projets sérieux dès l’année suivante. Inspirés par des groupes comme Camelphat, ils ont aujourd’hui quatre morceaux à leur actif. « Au niveau de la production, être à deux sur un son est un plus » explique Axel. « Je commence une track, je me mets à fond dessus, puis dès que j’ai une bonne première version, j’envoie à Julien qui de son côté ajoute des éléments, modifie certaines séquences. Dès qu’on se dirige vers quelque chose de sérieux, on se retrouve pour finaliser le son. »

S’immiscer parmi les meilleurs dans le milieu de la musique électronique, c’est difficile. Surtout au sein d’un vaste terreau de producteurs liégeois. Mais pour eux, Liège n’est pas la ville propice pour percer. « C’est vrai qu’il y a beaucoup de producteurs à Liège, mais peu arrivent vraiment à émerger. On pense vraiment que la musique électronique commence à s’épuiser tout doucement dans la région. Il reste, certes, encore quelques évènements, quelques festivals mais il nous manque un lieu clé, comme le Fuse à Bruxelles ou le Kompass à Gand, c’est pourquoi nous aimerions et essayons de nous produire en dehors de notre ville. C’est très difficile de mixer notre style ici » déplore Julien. Mais Eyes Faces est un duo qui a de l’ambition et qui compte dépasser les frontières de la Cité Ardente. 

Le futur, Axel et Julien le voient d’ailleurs fait de voyages grâce à leurs productions. « Il y a plusieurs salles et pays qui nous font vraiment rêver. Et la cerise sur le gâteau serait de pouvoir faire des collaborations avec des artistes internationaux qu’on apprécie » avoue Axel. Mais le duo le rappelle: l’important c’est d’avoir l’opportunité de faire ce qu’ils aiment tout le temps, plus que d’être reconnus mondialement. « Rester soi-même, produire de la musique de qualité et le reste suivra ! »

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