ENTRETIEN AVEC MATHILDE DE MONTPEYROUX

Rédaction : Olivier Sogan / Photographies : Cédric Paladini / Header : Giuseppe Cordaro

Souvenez-vous : l’été dernier, le Reflektor et le service culture de la ville de Liège organisait ses Sessions d’été. Pendant cinq semaines, onze groupes et artistes liégeois se produisaient sur scène tous les mercredis. Plusieurs lauréats ont été récompensés. Parmi eux, Mathilde de Montpeyroux, dite la Marquise, a remporté la première place du concours. En prévision de son futur set, qui se déroulera au marché de Noël du Hangar le 16 décembre, Quatremille a eu l’occasion de s’entretenir avec la chanteuse. Une discussion autour de son parcours, de son art et de ses ambitions.

© Cédric Paladini

Depuis ce moment de gloire au Reflektor, Mathilde de Montpeyroux poursuit son parcours artistique. Nous avons par exemple profité de son talent lors des sélections du concours Emergenza, le 9 novembre dernier. Intégrée au groupe Julia H (trio) avec Guiseppe et Julia H, la native de Cognac épaulait les compositions de cette dernière. Mais avant de faire partie de ce trio il s’agit d’une artiste solo au parcours singulier.

Née dans une commune du Sud-Ouest de l’Hexagone, ses parents l’inscrivent très tôt au Conservatoire Municipal de Musique et d’Art Dramatique, à Cognac. On lui enseigne le violoncelle, mais aussi le solfège et la musique d’ensemble. Un emploi du temps trop « contraignant » pour la petite fille, qui ne s’y épanouit pas. Adolescente, ses premiers pas dans le théâtre lui permettent de découvrir un espace libérateur au sein duquel il est possible de s’amuser. Diplômée de l’Université Bordeaux Montaigne en Langues Étrangères Appliquées, la scène s’impose à elle comme métier. Elle apprend la méthode Stanislavski en Russie puis jette son dévolu sur le Conservatoire Royal de Liège.

© Cédric Paladini

« Quand je me suis retrouvée dans un système académique, j’ai arrêté de m’éclater au théâtre »

Les quatre années suivantes de sa vie sont ponctuées des cours au conservatoire, et pour les financer, de concerts dans les bars et les restaurants. Et alors que la musique était jusqu’ici une entrave et la comédie un affranchissement, l’inverse se produit. À force de pratique, elle s’émancipe dans la musique en écrivant et en composant. Parallèlement, les cours se font de plus en plus pesants : l’univers des auditions la rebute. La musique se change alors un espace de libération, tandis que les planches s’avèrent oppressantes.

Elle ne lâche pourtant aucun des deux. Entre expérience cinématographique (Demain dès l’Aube, réalisé par Delphine Noëls) et docu-fiction (Rêve brisés de l’entre-deux guerres, produit par Arte), la comédienne de formation travaille sur un spectacle, initié après l’obtention de son diplôme et toujours en construction. Dans le même temps, l’envie de faire de la musique persiste, les prémices de son identité musicale commencent à naître. À cheval entre composition et reprises, les Sessions d’Été se profilent alors. La formule proposée séduit : une voix mezzo-soprano accompagnée d’un instrument inédit, le violoncelle. Grande lauréate des ces sessions, la compositrice remporte un enregistrement au Service d’Action Musicales du Centre de Jeunes du Thier-à-Liège. Aux côtés de Gaëtan Streel, qui fera ses arrangements, elle finalisera une proposition musicale qui prendra la forme, selon ses mots, d’un petit EP.

Entre histoire d’amour et d’humour

Le projet, encore aux fourneaux, mêlera des chansons humoristiques écrites en français et des titres plus sentimentaux rédigés en anglais. Ce choix d’écriture s’est fait naturellement. D’après l’interprète d’« Ode à Benedict », le français sied mieux aux textes humoristiques. « Cela permet au public francophone pour lequel je joue d’être centré plus facilement sur le texte. » D’un autre côté, quand l’auteure se veut plus sensible, la langue de Whitney Houston lui permet de garder une sorte de pudeur. Galères vécues avec sa vieille Twingo ou histoires d’amours, selon ses envies et selon la langue, les mots sont posés sur de la folk ou de la chanson française. On aura bientôt l’occasion de découvrir sur les plateformes ses mélodies. En attendant, on la retrouvera le 16 décembre au Hangar, pour une prestation drôle et poétique.

© Cédric Paladini

Quelle folle activité pour la marquise en cette fin d'année ! Le 16 décembre, elle chantera deux fois, à 16h et à 19h, au marché de Noël du Le Hangar ASBL.En plus de vous extasier devant ses charmes, vous pourrez participer à l'opération de solidarité "Sonne la cloche".Ci-dessous, le lien de l'événement : venez, partagez, invitez…https://www.facebook.com/events/2196844560582877/?ti=as

Publiée par Mathilde de Montpeyroux sur Lundi 3 décembre 2018

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