ENTRE OMBRES ET LUMIÈRE, LUX MONTES VOUS PRÉSENTE SON UNIVERS

Interview : Margaux Decroix, Christina Lunetta & Alixe Nyange Lambrette // Photographies : Albertine Guillaume et Pierre Barromes

Depuis maintenant deux ans, Lucile Beauvais alias Lux Montes a pris ses quartiers à Liège. La jeune chanteuse parisienne prépare un album aux influences indie, rock et électro prévu pour septembre prochain. Quatremille est parti à sa rencontre.

Capture d’écran du clip « Sista sista »

« Quatremille : Pourquoi avoir choisi de t’appeler Lux Montes ?

Lux Montes : Je voulais un nom d’artiste qui plonge dans une atmosphère mais qui soit tout de même proche de ma personnalité ! « Lux » est l’étymologie de mon prénom — Lucile, qui signifie la lumière. « Montes » est le nom de famille de mes grands-parents qui sont d’origines andalouses, et qui signifie les monts, les montagnes. J’ai trouvé ce côté clair-obscur assez poétique. Ça nous met tout de suite dans une ambiance.

Quatremille : Tu es parisienne… Quelles sont les raisons de ta venue à Liège ?

Lux Montes : Les raisons de ma venue étaient professionnelles. J’ai toujours vécu en région parisienne, j’ai eu plusieurs projets musicaux là-bas… J’ai eu envie de changer d’air et j’avais quelques amis qui habitaient à Liège. J’étais déjà venue leur rendre visite quelques fois et la ville m’a vraiment bien plu : plus chaleureuse, moins « écrasante » que Paris, moins anonyme aussi… Je suis littéralement tombée amoureuse de Liège et je suis venue m’y installer il y a maintenant 2 ans.


© Albertine Guillaume

Quatremille : Comment t’es-tu lancée dans la musique ?

Lux Montes : Ma carrière a commencé de manière assez intuitive. J’ai toujours fait de la musique, même en étant beaucoup plus jeune. J’ai travaillé ma voix au fil des années sans vraiment m’en rendre compte. J’ai commencé à composer des morceaux lorsque j’étais au lycée, puis j’ai créé un groupe et l’aventure a commencé. Le groupe s’est lancé en 2007, nous étions deux à composer les chansons, puis le groupe s’est agrandi jusqu’à ce que nous soyons six musiciens sur scène. Ce fut une expérience humaine forte et formatrice mais avec le temps, les envies et les motivations divergent… et nous avons fini par prendre des chemins différents.

Quatremille : Qu’écoutes-tu en ce moment ?

Lux Montes : J’écoute l’album posthume « En Amont » d’Alain Bashung, j’adore la voix de ce chanteur ! C’est émouvant de l’entendre chanter sur cet album alors qu’il est décédé il y a 10 ans. Les textes sont plutôt prémonitoires… c’est assez impressionnant. Ce sont d’ailleurs des titres que j’aimerais intégrer à mon répertoire. J’écoute également Cat Power qui a sorti un album récemment !

Quatremille : Quelles sont tes influences musicales ? Qu’est-ce qui t’as donné envie de te lancer dans la musique ?

Lux Montes : Principalement des projets féminins (Fiona Apple, PJ Harvey, Tori Amos, mais aussi Bjork, Shannon Wright, Laetitia Sheriff). Je pense que d’entendre des femmes s’affirmer dans leurs musiques et être maîtresses de leurs projets m’a énormément influencé, cela fait d’ailleurs partie de ma structure.

Quatremille : Considères-tu donc que ton projet est un projet féministe ?

Lux Montes : Je ne l’ai jamais pensé comme ça… mais par la force des choses et le contexte actuel, le fait de se lancer dans un projet artistique féminin en solo est un engagement. Même si ce n’est pas clairement explicité. J’ai envie d’encourager la présence des femmes dans le domaine artistique, et pas seulement dans la musique. J’ai d’ailleurs créé une ASBL en 2013 pour encadrer mon projet et je l’ai nommé « Elles en ont ». C’était une manière de montrer qu’on a tous les moyens de créer et de défendre quelque chose, peu importe notre genre.

Quatremille : Quel est ton processus de composition ?

Lux Montes : C’est un processus assez organique. Je pars d’abord du son, de la mélodie et ensuite j’écris les paroles. C’est très rare que l’inverse arrive. Je me fie beaucoup à mon instinct sonore pour l’écriture des paroles, mais l’idée n’est pas de venir plaquer un texte qui n’ait pas de sens.

Quatremille : Comment réalises-tu tes clips ?

Lux Montes : Pour mes 2 précédents EP j’ai travaillé avec Albertine Guillaume. J’aime beaucoup sa sensibilité et son œil de photographe. Nous avons fait une résidence de création en Normandie et nous y avons tourné quelques scènes. Il n’y a pas vraiment d’histoire, tout reste assez mystérieux et mystique. C’est plutôt une sensation qui colle à un morceau plutôt qu’une véritable narration. Pour l’album je travaille actuellement avec Julien Kartheuser, un jeune réalisateur liégeois. Nous préparons de belles images dans une démarche d’expérimentation que j’ai hâte de partager…


© Pierre Barromes

Quatremille : Tu as un album en préparation… Quand penses-tu le sortir ?

Lux Montes : Il sortira fin septembre et sera suivi d’une tournée en Belgique et en France ! Je travaille encore beaucoup sur les clips, la pochette, les photos… tout le matériel qui accompagne l’album en général.

Quatremille : Pour finir… quelle est ta « punchline » préférée ?

Lux Montes : Il s’agît d’une phrase de ma grand-mère, qui était très persévérante et avait un véritable optimisme dans la vie ! Elle disait toujours “si tienes el No, te falta el si !”. Littéralement « Tu as déjà le non, il te manque le oui… ». En clair, donne-toi les moyens d’obtenir le Oui !

Lux Montes sera en concert au Caliclub de Bruxelles le 7 juin prochain.

Commentaires

commentaires