ELLE S’APPELLE MONSIEUR: FAIRE DE LA MODE

Photographies © Elle s’appelle Monsieur
Interview > Thomas Renauld

 

 

 

 

Quatremille a rencontré Elle s’appelle Monsieur ! Les créateurs de mode liégeois ont répondu aux questions de Thomas Renauld !

 

 

 

 

Quatremille : « Quelle est votre punchline (maxime / credo) ? »

Elle s’appelle Monsieur : « Faites de la mode mais faites la bien ! »

 

Quatremille : « Elle s’appelle Monsieur, le nom de votre label, semble résumer l’essence de votre projet. Pourriez-vous l’expliquer ? »

Elle s’appelle Monsieur : « Ce nom est non seulement représentatif de notre duo mais aussi de la femme à qui s’adressent nos vêtements. Nous sommes un duo homme/femme atypique. Joaquin aime le style « new-look », les matières vaporeuses et la légèreté alors que Stéphanie c’est la rigueur des coupes, l’épure et le style androgyne ; le tout teinté d’inspirations très rock. Nous avons quelque peu bouleversé les codes (rires) et c’est ça qui nous amuse ! Pour la femme « Elle s’appelle Monsieur », c’est pareil… une personnalité forte, un style assumé avec une part subtile de féminité. Nous sommes tous les deux issus de familles ayant vu naitre des générations de femmes très actives au caractère bien trempé, qui sont fortes et douces à la fois. Ce sont elles qui nous inspirent ! »

 

Quatremille : « Comment votre association est-elle née ? Et, qui y amène quoi ? »

Elle s’appelle Monsieur : « Nous nous sommes rencontrés lors de nos études de stylisme durant la période critique des jurys de fin d’année ; le trouillomètre à zéro et un grand besoin de décompresser. C’est probablement notre côté un peu fou et expansif qui nous a rapprochés (rires). Des années plus tard, nous nous sommes retrouvés à l’occasion d’un défilé. Nous avons échangé sur nos projets respectifs et sur la vision que nous avions de notre avenir dans la mode. Les perspectives étaient loin d’être roses ! Nous savions tous les deux deux choses : qu’il faudrait sans doute créer notre propre emploi et que la mode poubelle sans aucune morale ce n’était pas pour nous. Il était de notre responsabilité en tant que jeunes designers de mettre notre pierre à l’édifice pour petit à petit penser la mode autrement. Des valeurs ok, mais pas sans esthétique et c’est à ce moment que l’idée d’une marque « équitendance » a commencé à germer. Le processus créatif est réalisé à deux mais nous avons réparti le travail en fonction de nos atouts. Les aspects plus techniques (pour Jo), la gestion et la communication (pour Steph), même si on ne prend jamais une décision sans que l’autre ait donné son aval ou ait ajouté son petit grain de sel. »

 

Quatremille : « Sur le net, vous émettez l’idée du retour de « la pièce maîtresse qui redonne confiance ». D’où vous est venue l’idée d’aborder la notion de confiance en soi, au sein de la mode ? »

Elle s’appelle Monsieur : « Vous n’avez jamais vécu un matin où rien ne va ? Une soirée qui génère des angoisses rien qu’à y penser ? Il existe des pièces de la garde-robe qui ont la faculté de vous rendre bien dans votre peau et beau en toutes circonstances. Une fois enfilées, elles vous enveloppent de leur aura, vous procurent du réconfort et même usées jusqu’à la corde, il est impossible de s’en séparer… C’est cet attachement très fort au vêtement que nous voulons retrouver ! »

 

Quatremille : « Vous mettez également un point d’honneur à être « écoresponsables ». Concrètement, que mettez-vous en place à ce niveau ? »

Elle s’appelle Monsieur : « Nos vêtements sont produits en Belgique et nous nous approvisionnons au maximum auprès de fournisseurs européens pour nos matières premières qui sont 100% naturelles et/ou issues de l’agriculture bio. Pas de trajets excessifs, pas d’utilisation de produits chimiques, moins de pollution. Nous fonctionnons en flux tendus pour la production afin de ne pas générer de surplus. Pour éviter la surconsommation, nos vêtements sont d’une grande qualité afin de perdurer dans le temps. De plus, nous avons spécialement étudié la coupe pour que des parties de nos pièces soient amovibles et remplaçables au fil des capsules. Toutes les femmes ont à un moment donné envie de nouveauté ! Chez ESM, on préfère donner un nouveau look aux vêtements plutôt que d’en racheter systématiquement. Il va également de soi que notre fonctionnement quotidien est lui aussi éco-concerné. Pour exemple, notre atelier est installé dans un espace créatif mutualisé. »

 

Quatremille : « Votre label met en avant la personnalisation, notamment par le biais de patches. Est-il important pour vous d’offrir une part de liberté au client ? »

Elle s’appelle Monsieur : « Bien sûr ! La cliente doit pouvoir s’approprier le vêtement, créer son propre style. Chaque personne est unique, la façon dont elle s’habille l’est aussi. »

 

Quatremille : « Est-ce que la rue Dony, le quartier Saint-Léonard et, plus globalement, Liège ont une influence notable sur la manière dont vous construisez votre projet ? »

Elle s’appelle Monsieur : « Oui, inévitablement. Nous sommes très attachés à Dony, au lieu, mais aussi aux autres « habitants ». Cet espace, il nous est tombé du ciel et nous nous y sommes beaucoup investis. Ça nous a permis d’avoir une approche différente, nous avons été contaminés par cet esprit de coopérative. Liège, c’est notre ville et plus précisément le berceau de nombreux artistes talentueux avec lesquels nous souhaitons travailler un maximum. A l’image de la collaboration avec Pascal Braconnier, illustrateur de talent qui crée de petites œuvres d’art que nous brodons sur nos vêtements. Puis, il y a la Belgique, un pays et une appartenance dont nous sommes fiers ! Valoriser notre savoir-faire et redynamiser l’économie locale sont des objectifs qui nous tiennent particulièrement à cœur. »

 

Quatremille : « Quelles sont vos actualités à venir ? Où peut-on les suivre ? »

Elle s’appelle Monsieur : « Notre première capsule est depuis peu en vente sur notre e-shop www.ellesappellemonsieur.com et sur rendez-vous dans notre atelier rue Dony à Liège.

Nous sommes actuellement en train de démarcher des points de vente et nous lançons une campagne de crowdfunding le 19 juin pour financer notre deuxième capsule qui sortira à la rentrée. »

 

Quelques photos !

 

    

    

 

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