! ELBITSISRERRI OUD NU … NOAF NOAF

Rédaction : Cécile Botton / Photos : Maëva Briffot, EKS Creation & Jérémiah Brugidou

À l’occasion des Francofolies, Quatremille est parti à la rencontre des Faon Faon… ! elbitsisrèrri oud nu ou un duo irrésistible … Comme vous préférez ! Il suffit de regarder leur clip Mariel sorti tout récemment pour choisir. Ce duo, soutenu par Ça Balance en 2017, nous propose une musique électro-pop un rien décalée… Juste ce qu’il faut pour nous emmener en voyage le temps d’une pause musicale !

© Maëva Brifflot

Après une rencontre furtive et survoltée au Nandrin Festival 2017, j’ai la chance de retrouver des Faon Faon plus sereines, plus posées. Confortablement installées à la cabane des pros, nous prenons le temps de discuter de leur parcours.

© Maëva Brifflot

Tout débute à Bruxelles, il y a quelques années. Olympia, la Parisienne et Fanny, originaire du Brabant Wallon,  se croisent à une jam. « Nous avons chanté ensemble et la sauce a pris ! » Pourtant, elles se perdent de vue quelque temps.

Mais pas de fumée sans feu : c’est sur son lieu de travail que Fanny, la styliste retrouve Olympia fraichement arrivée comme mannequin. Toujours atteintes du virus de la musique, chacune de leur côté, elles continuent leur carrière musicale jusqu’au jour où… « Olympia, invitée pour une carte blanche, me propose de venir chanter mes chansons et d’essayer des morceaux ensemble. » C’est ainsi que Mariel voit le jour. Textes et musique, tout est créé à deux. « Double cerveau, quatre mains, quatre pieds et double cœur », ajoutent-elles d’une seule voix !

© EKS Creation

Cette expérience très plaisante les pousse à poursuivre l’aventure.  Elles participent alors à divers concours où elles se distinguent : lauréates Du F Dans le Texte 2015 et du Franc’Off 2017.  «  Les Francofolies, c’est super car ce festival met la francophonie en avant. Pour nous, c’est un choix délibéré de chanter en français… c’est gratifiant et constructif d’avoir gagné ! Revenir ici un an plus tard avec une nouvelle formule, c’est montrer notre évolution. » Depuis peu, le bassiste, Geoffrey Hautvast et le batteur, Hadrien Pierson ont rejoint ces gentes demoiselles. Ils sont venus en renfort donner une autre vie aux morceaux.

© Maëva Brifflot

La même année, les deux artistes intègrent Ça Balance. « L’équipe nous a accompagnées pendant un an. Nous avons eu des séances de lutherie vocale bénéfiques et pertinentes, une belle ouverture sur le Canada, des lieux de résidence, rencontré des artistes aux horizons divers, … Ils nous ont vraiment soutenues. Actuellement, nous pouvons toujours leur demander conseil. De vrais alliés qui auront toujours une réponse à nous donner. »  Pour nos deux Bruxelloises, c’est aussi une porte sur une autre région. Liège regorge de talents multiples notamment Anthony Sinatra qui a produit leur EP et leur clip Mariel.

© Maëva Brifflot

Mariel, le premier morceau chanté lors de la carte blanche, a beaucoup évolué. « Nous avons eu la chance de pouvoir le partager avec des gens proches du milieu et nous l’avons ainsi poussé de plus en plus loin », commente Fanny. Entre sa genèse et le moment où il passe la radio, près de trois années se sont écoulées. « Il arrive un peu tard après la sortie de notre premier EP, mais une intuition… il fallait que l’idée s’éclaircisse dans ma tête et que j’arrive à tout mettre en place », enchaine Olympia. Son idée, un drone pour le tourner en plans séquences à l’envers. Avec de magnifiques paysages du sud de l’Espagne en toile de fond, la vidéo de oud elbitsisrèrri’l  fait ainsi honneur à leur petit côté déjanté. N’empêche que nos deux comparses sont prises entre deux feux : dire ou ne rien dire, telle est la question qui les taraude ! Les noaF noaF chantent tout à l’envers. « Nous avons tout réappris », expliquent-elles, « il y a énormément de taf en amont… vu qu’on s’est beaucoup entrainées, ça ne se voit pas…  donc  pas mal de gens passent à côté ou à l’inverse, vont trouver que nous chantons et dansons bizarrement… Pas très glamour, mais en même temps, ça interpelle. » Le travail du droniste est impressionnant, « nous avons dû composer à trois, c’est vraiment le danseur invisible du clip. » Danser avec la lumière, le vent, il fallait constamment s’adapter aux éléments.

© Jérémiah Brugidou

Après beaucoup de déchirements, le duo décide d’assumer sa création artistique, « Tant pis si certains passent à côté, ils retourneront voir et ça nous fera plus de vues », lâche Fanny. Pour éclairer les « aveugles », elles ont la bonne idée d’insérer une séquence making off à la fin de la vidéo. Un dernier conseil donné par Olympia, « ouvrez votre ordinateur et regardez sur grand écran ! »

© EKS Creation

Des projets ? « Tout plein… partir vivre sur une ile déserte, avoir du soleil 12 mois sur 12, … Enfin plus sérieusement, sortir très rapidement un EP, suivi de près par un album. » À Spa, elles ont proposé une nouvelle vague des morceaux qui oublient le côté très naïf de leurs premiers titres. Avec leurs musiciens, elles prennent une nouvelle direction artistique, des idées neuves jaillissent. Sans oublier, bien sûr, l’expérience professionnelle acquise ces derniers mois. C’est imprégnées de cette nouvelle maturité qu’elles ont hâte de sortir leur EP ! D’ailleurs, elles passeront la fin de l’été à décanter et peaufiner leurs nouvelles créations. Vous pourrez cependant les retrouver fin septembre à Namur à l’ouverture du Festival International du Film Francophone et aux Franco Sillies.

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