DOOZ KAWA x BEHYBE x CULTURE SOUS PRESSION @ LA ZONE 

{ Chronique de l’événement }
Photographies © Marie-Valentine Gillard
Rédaction  > Sophie Breyer

 

 

 

Il y a peu, Quatremille est allé à La Zone pour le concert Culture Sous Pression, de Béhybé  (Invaderdz) et du rappeur français Dooz Kawa organisé par Yo Dubsta! On vous livre notre compte-rendu de cette folle soirée! L’interview de Dooz Kawa arrive bientôt, restez connectés!

 

LA CHRONIQUE DE SOPHIE BREYER :

 

 

« 22 heure, nous entrons dans la ruche souterraine qu’est la Zone. Chaude et bruyante, elle n’est pas encore sur le qui-vive mais le brouhaha s’élève à mesure que les verres se lèvent. Arrive Béhybé, rappeur liégeois, un de ces hommes au bob et au mic aiguisé. Les lumières s’éteignent. « Liége boys vous êtes là ? ». Le public est là, encore un peu avare d’énergie : normal. Accompagné de DJ Bust et de Halee Tounsi, il quadrille La Zone à coup lyrics travaillés. Les basses font trembler mes jambes. A l’inverse, c’est ancré dans le sol que Béhybé plisse les yeux et crache ses punchs. Au fil des mots, sa posture quasi robotique devient plus souple, sa gestuelle carrée, plus circulaire. La Zone répond présente au gré des titres. Béhybé enchaîne sur des dédicaces en évoquant « les sapiens unis dans le projet Invaderdz ». Focalisé sur ses platines au fond de la scène, Dj Bust lance une prod plus mélancolique, Behybé assène au public ses mots tendrement cruels, du « jeu de l’amour au jeu de la mort ».

Je ne peux m’empêcher d’aimer ce public éclectique liégeois à l’image d’une culture hip-hop qui me plait. La bienveillance et la fumée de cigarette plane. D’une tête, La Zone bascule, d’un corps, elle se désaxe peu à peu. Béhybé a réchauffé l’audience. Vif et vivant, il termine sa performance en nous faisant scander le nom de celui qui va lui succéder, Dooz Kawa.

« Il aurait aimé se la faire la belle putain ! ». La voix écorchée et envoûtante de Dooz s’élance sur les notes lancinantes de guitares manouches du morceau Me faire la belle. Le public est aux aguets, au taquet. Le rappeur s’impose rapidement et s’empare aisément de l’espace. Les bras montent en l’air, la foule devient compacte aux abords de la scène étroite. Le regard est proche et lointain à la fois, Dooz rend hommage aux sombres héros, anonymes sous le sombrero, victimes de la folie des hommes qu’on nomme, dommages collatéraux.

Les sons prodigieux de ses prods font valser les têtes, les mots incisifs, plus brutes de décoffrages, viennent contrebalancer ce mirage musical. Liège saute! Assoiffée – comme un vendredi -, je décide de m’aventurer vers le bar. De ce côté, Liège piaille, et les bavardages sont bercés par le beat et le flow du rappeur. Le son ne nous parvient pas, mais les huées chaleureuses traversent la salle. De loin, on n’entend que les crachats des basses et le public chaud comme la braise. La foule est venue pour lui, connait ses titres, termine ses phrases.

La fin est proche et on l’acclame. On ne l’acclame pas comme une star mais comme un parolier qu’on remercie. On l’acclame pour le moment partagé, à la croisée de la force lexicale et les mélodies subtiles. On l’acclame parce qu’on en veut encore une bordel! On l’acclame pour le fond et la forme qu’il marie et manie avec justesse pour le plus grand bonheur des zoneurs.»

 

 

Quelques photos pour se replonger dans l’ambiance :

 

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On like, on partage et on jette un oeil à la page de La Zone, Yo Dubsta & celle du groupe Invarderds !!!

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