DOG EAT DOG : DES POGOS À GOGO

Photographies © Emilie Cronet
Interview > Samuel Ciulla
Chronique > Vincent Abieri

 

 

 

 

 

Il y a peu Quatremille s’est rendu au concert de Dog Eat Dog au Reflektor! Nous en avons profité pour poser quelques questions au groupe, voici l’interview et notre compte-rendu!

 

 

 

 

 

LA CHRONIQUE DE VINCENT ABIERI

 

 

 

 

 

Tandis qu’une partie du public squatte encore le bar, les Autrichiens du groupe de metalcore, TuXedoo, choisissent d’ouvrir le bal sous les yeux d’une flopée d’aficionados venus s’approvisionner en dose d’adrénaline. Affublée de costumes tyroliens, la bande démontre rapidement à son assistance qu’elle cultive un certain goût pour l’autodérision et l’outrance. D’ailleurs, c’est bien cet ingrédient qui ne peut nous empêcher d’esquisser un certain sourire lorsqu’on entend les chants du pays de Mozart diffusés à travers les baffles. C’est bien sous ces sérénades que les musiciens ont décidé de faire leur entrée. Généreux avec leurs admirateurs, les membres de TuXedoo n’a pas non plus hésité à leur offrir des flasques de germeister en guise d’introduction avant de lancer un « Cheers! ». Tradition oblige. Après s’être dignement abreuvés, les Autrichiens passent à l’action en balançant directement leur son âpre et nerveux à base d’accords, certes simplistes voire rudimentaires, mais diablement percutants, faisant mouche à tous les coups. Initié ou non, chacun se laisse entraîner dans la danse. Les plus sages se contentent de faire bouger leur tête alors que les agités se lancent dans d’interminables pogos. La réaction s’amplifie lorsque les musiciens s’essaient à une amusante reprise de « Baywatch » qui n’est autre que le thème de la cultissime série TV . Par la suite, ce sont des morceaux de leurs EP mais également de leur album « Flowerfield Melodies » qui seront interprétés. Équipe de choc, TuXedoo peut se targuer de compter en son sein Johannes Frauenhuber, percussionniste martyrisant ses fûts jusqu’à en frôler l’hystérie et Michael Tiefenthaler, guitariste aux mains de fer. On retiendra enfin le morceau «  Live your life », tumultueuse conclusion de cette première partie, véhiculant l’idée d’une certaine fureur de vivre.

La foule n’a pas eu le temps se remettre totalement du précédent coup d’éclat que Dog Eat Dog se manifeste déjà sur scène. Tant attendus, c’est désormais à guichet fermé que les new-yorkais jouent. Transposant à Liège l’atmosphère des concerts torrides de la nuit du New-Jersey, les infatigables citadins nous informent d’emblée qu’il s’agit d’une soirée particulière : pour cause, le groupe fête ses 27 ans d’existence et n’a aucunement l’intention de s’arrêter là, toujours paré à torpiller l’idée de la retraite et à pulvériser le monde entier au moyen d’un style unique que la formation est parvenue à développer au fil du temps, s’inscrivant comme les ténors de la fusion funk-metal. D’ailleurs, au niveau des intermèdes sonores, on ne s’étonnera guère d’entendre « Maggot brain », fulgurant morceau-fleuve de Funkadelic, pionnier défoncé du mariage funk-psychédélisme. Outre cette alliance, Dog Eat Dog s’aventure dans les labyrinthes du hardcore, du reggae, du ska , du rap ou encore du punk dans le but de concevoir un cocktail détonnant qui tiendra en haleine les spectateurs tout au long du concert . Après des ovations nombreuses, le ton est donné : la batterie ravageuse de Brandon FInley s’abat sur la salle telle un rouleau compresseur, tandis que le guitariste Roger Haemmerli et le bassiste Dave Neabore se livrent un combat sans merci au moyen de leurs instruments. Le premier semble concentré, tandis que le second s’avère plus instable et brusque, faisant ronronner sa basse pour atteindre les sommets de la puissance rythmique. Quant au chanteur John Connor, il surgit tel un fauve dans une jungle de béton, par sa voix violente et énergique. Deux morceaux s’enchaînent et des pogos resurgissent déjà. Inutile de lutter, le rythme s’est déjà emparé de tous les spectateurs. Il n’y a plus qu’un seul mot de rigueur : l’excitation. « Liège, you’re the prettiest stage of this year », s’exclame John Connor. Car c’est bien de cela dont il s’agit en vérité : Dog Eat Dog détient la science du chaos, celle qui constitue un remède à l’aliénation. À chaque morceau, on sent bien le côté « do it yourself », l’imperfection, mais qu’importe : n’est-ce pas cette démarche où le hasard est roi qui nous offre des moments riches en intensité ? Plus tard, on surprendra Dave Neabore en peignoir de boxeur interpréter « Rocky », titre des années 90, devant un public toujours autant en roue libre. On citera aussi un des moments forts de la soirée avec « Lumpy dog », sorte de reggae rock dopé aux amphétamines. Fougueux comme jamais, Dog Eat Dog a donc livré une performance magistrale, les pogos incessants ainsi que les bains de foule en disent long sur l’ambiance ayant régné au Reflektor ce soir-là. Notre mémoire conservera l’image du final rocambolesque : celle du manager du groupe se jetant corps et âme du balcon donnant sur le public.

 

 

 

 

 

 

 

L’INTERVIEW

 

Retrouve l’interview de Dog Eat Dog en cliquant juste ici:

 

 

 

 

Un extrait de leur dernier EP en date :

Quelques photos pour se remettre dans l’ambiance:

       

     

 

 

 

 

 

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