LES DIFFÉRENTS VISAGES DE L’ORW # 4 – L’OPÉRA MONTRE SON VISAGE POUR 2018 – 2019

Chronique : Milan Amélie Nyssen / Photographies © Voir légendes

Le lundi 23 avril passé, l’Opéra Royal de Wallonie présentait sa nouvelle saison : 9 opéras, 3 concerts, 3 productions à destination des plus jeunes. L’ORW, sous l’égide de son directeur général, Stefano Mazzonis, et de sa cheffe principale attitrée, la pétillante Speranza Scappucci, continue sur sa lancée : se donner une envergure internationale et attirer les jeunes en ses murs. Pour ce faire, l’opéra liégeois se donne les moyens de ses ambitions.

Sur les 9 opéras proposés, les valeurs sûres – Aida, Tosca, Faust – ont une place de choix à côté de quelques pièces moins connues du grand public, comme le Mariage Secret de Cimarosa. Un subtil mélange entre grands tubes et musiques plus intimistes. Pas d’opéra en allemand ? Soit. Liège se positionne là dans un créneau différent de celui occupé par Bruxelles, Anvers ou encore Amsterdam. Un choix plus traditionnel – pas de Korngold au programme – mais néanmoins très intelligent et certain de rapporter un franc succès, à voir les cars de Hollandais venant assister à chaque représentation.

On gage que ce succès sera encore au rendez-vous l’année prochaine, quand on voit le nombre de véritables stars qui vont se succéder sur la scène liégeoise : Joyce Didonato, Sonya Yoncheva, Olga Peretyatko, Leo Nucci ou encore Lawrence Brownlee, pour ne citer qu’eux. Quand on demande à Mazzonis comment un opéra d’une ville de 200 000 habitants réussit à attirer de tels noms, ce dernier sourit : « C’est un concours de circonstances. Un premier artiste vient chez nous, se sent bien et en parle aux autres. Le bouche à oreille fonctionne et peu à peu, la réputation de qualité mais aussi de maison familiale et chaleureuse fait son chemin parmi les chanteurs ».

À côté de ces grands noms, l’ORW ouvre sa scène aux jeunes artistes belges émergents. Un devoir ? « Non, une mission », nous répond le directeur général. « Nous recevons de l’argent public, des subsides de la part de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est juste que, d’une manière ou d’autre, cet investissement revienne aux Belges ». L’ORW tient sa promesse : Sophie Junker, Pierre Dehret, Kamil Hsain Ben Lachiri, Maxime Melnyk fouleront les planches à côté de Belges confirmés comme, par exemple, Anne-Catherine Gillet ou Lionel Lhote. « Mais nous voulons aussi aider les jeunes chefs d’orchestre belges ! », renchérit Mazzonis. Dont Ayrton Desimpelaere, qui sera à la baguette de deux productions : Il Matrimonial Segreto ainsi que Cendrillon, de la compositrice de Pauline Viardot.

De son côté, la cheffe Scappucci fera ses débuts dans Aida et I Puritani. « C’est fondamental pour un chef principal de faire ses débuts dans des oeuvres qu’il n’a jamais dirigées dans sa propre maison, avec son orchestre et ses choeurs. Débuter dans ses oeuvres, c’est une merveilleuse occasion de répéter avec l’orchestre », nous confie la Maestro. « Et puis cela me permet quelque part de donner l’exclusivité à Liège sur ces débuts ». La cheffe marque aussi sa volonté de rester, avant toute chose, fidèle à la partition. « C’est ma mission de cheffe, de respecter au mieux le compositeur. Bien-sûr, il existe des oeuvre où l’on peut se permettre de faire des coupures, car elles étaient déjà réalisées du vivant du compositeur. Pour moi, c’est important de retourner aux origines de la partition, y compris quand celui dure plus de trois heures ».

Quand on lui demande quel est son credo, M. Mazzonis nous répond : « C’est facile. C’est remplir les salles de jeunes ». Au vu des chiffres de la saison en cours, le pari est réussi avec plus de 30 % de jeunes de moins de 32 ans parmi le public en salle. « On essaie de rajouter à chaque fois des spectacles faits pour les jeunes. Il a toujours une demande et la collaboration avec les écoles s’est toujours bien passée. Selon moi, la formation des jeunes à la musique doit être un des objectifs majeurs de notre travail. Non seulement pour qu’ils assistent à des représentations mais pour qu’ils y participent », insiste-t-il.

Nous ne doutons pas que les salles liégeoises seront à nouveau pleines lors de cette ambitieuse saison.

 

© Lorraine Wauters

© Opéra Royal de Wallonie

© Opéra Royal de Wallonie

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© Opéra Royal de Wallonie

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