DEUX GERARDS POUR UNE BARBARA

Photographies : Christophe Dehousse // Chronique : Milan Amélie Nyssen

Vendredi soir au Forum, le public liégeois était nombreux. Était-il là pour revivre les chansons de la dame en noir ou pour voir le monstre sacré du cinéma ? Peu importe car, à peine Depardieu a-t-il commencé à chanter qu’il met tout le monde d’accord : ceci est une déclaration d’amour à couper le souffle, un moment hors du temps.

© Christophe Dehousse

Et il n’y aucun doute de l’amour porté à Barbara par Gérard Daguerre, son dernier pianiste et par celui qui fut son ami, Gérard Dépardieu. Les deux hommes, à coup de notes, de chants, de mots, racontent leur Barbara, celle qu’ils ont accompagnée et avec qui ils ont tous deux partagé la scène. Leur pudeur et leur justesse désarçonnent, désarment.

Dans la bouche de Depardieu, les mots écrits par Barbara prennent des accents nouveaux. On redécouvre l’artiste avec l’émoi d’une première fois. Les chants ont une autre résonance, portés aux nues par Gérard Depardieu qui – entre les chansons – dit Barbara. Des extraits de textes, d’interviews de la chanteuse qui esquissent le portrait d’une femme insaisissable, discrète dans la vie, mystérieuse sur scène.

Parfois, Gérard Depardieu, le monstre sacré, réapparait pour « faire une pause » et dit ne rien comprendre aux rappeurs et à Patrick Bruel. Le public rit de bon cœur, face à la grande gueule de celui qui, un instant plutôt, était la fragilité incarnée.

Car, il me semble que jamais une femme ne fut aussi bien contée par un homme que ce soir. Avec une infinie tendresse, un respect passionné, dans un jeu d’équilibriste précaire entre la joie et le mal de vivre…

Je ne crois pas être la seule à avoir été émue à ce point. Je jurerai même que, plus d’une fois, certains en oublièrent même de filmer les deux hommes sur scène juste profiter et être dans le moment.

© Christophe Dehousse
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