DESSINE-MOI UN MUTANT… UN MOUTON !

Rédaction : Cécile Botton / illustrations : Anaïse Lafontaine / Photos : Albane Rodrigues

Depuis 1991, le Festival Voix De Femmes défend la création féminine sous toutes ses formes et vise à explorer et repousser les limites avec curiosité, audace et respect. Dans ce cadre, Quatremille s’est rendu au théâtre de La Halte où Line Guellati présentait la première étape de son projet théâtral, « Dessine-moi un mutant ». A travers ce spectacle, la productrice cherche à questionner et déconstruire notre perception des troubles mentaux.  

© Albane Rodrigues

Un diagnostic

Un frère diagnostiqué dépressif, maniaco-dépressif et enfin schizophrène, Line ne pouvait passer à côté de tous ces termes un peu tabous. Souvent, ils se bousculent dans nos têtes sans qu’on sache vraiment ce qu’ils représentent… à moins d’y être confronté quotidiennement. Une envie de sensibilité, de créer du lien, d’explorer la langue… Alors quelle idée de génie de reprendre les paroles de son frère comme point de d’orgue pour un spectacle essentiellement construit sur les rencontres et  collaborations avec des lieux accompagnant ces personnes.   

© Anaïse Lafontaine

Une séance en deux temps ! 

Tout d’abord, nous avons assisté à une lecture de l’ébauche par les différents acteurs. En cours de construction, ce texte, aux nombreux trous, aborde de plein fouet les difficultés rencontrées par les familles, le regard des autres, leur jugement, le manque de communication entre les services médicaux, le lobby pharmaceutique… le tout saupoudré de poésie, d’humour et de dérision. Un texte empli de sensibilité où Le Petit Prince officie en fil rouge ! Pour ma part, j’aimerais revenir sur cette phrase prononcée par le frère de Line: « Fou est juste un mot, mais personne n’est juste un mot. ». Elle nous offre une belle ouverture sur la complexité humaine !

© Albane Rodrigues

Par ailleurs, Line et son équipe, toujours en recherche et avides d’échanges, nous interpellent sur leur travail, le résultat d’une semaine de résidence. S’en suit un échange avec un public bien hétéroclite ! Dans le plus grand respect, néophytes, malades, proches et professionnels questionnent les choix posés par l’auteure et donnent leurs avis avec pour unique but : l’aboutissement de ce spectacle. 

Enfin, je terminerai  avec le témoignage d’un spectateur touché par la maladie qui en toute simplicité nous dit : « Maintenant, je me sens bien, je ne fais plus l’effort de rentrer dans le moule… » et puis n’oublions pas Zsa Zsa Gabor qui, un jour, a déclaré : « Je te le dis, dans ce monde, être un peu fou aide à garder l’esprit sain. » CQFD !

© Anaïse Lafontaine


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