DES TROLLS ET DES HOMMES

Chronique : Antoine Grignard / Correction : Ludovic Minon / Photographies : Maëva Brifflot

 

Quelle glorieuse idée du collectif A.S.O.M. que d’organiser un festival folk metal/médiéval en plein cœur de Liège ! Les organisateurs ne s’attendaient pas à un tel engouement du public… Le petit Hangar a bien failli être trop exigu pour la foule qui a répondu présente en masse pour cette toute première édition du Rise of Trolls.

Avant de parler de la musique, quelques mots sur les « bonus » de ce festival s’imposent. En plus de proposer une affiche réunissant certains des noms les plus marquants de la scène pagan/folk/médiévale belge, le Rise of Trolls offrait également aux visiteurs l’occasion de visiter un mini marché médiéval dans la cour arrière du Hangar. Des artisans y proposaient leurs produits et de petits spectacles de cracheurs de feu et de jongleurs s’y tenaient une fois la nuit tombée. Très bonne idée qui ne demande qu’à être déclinée dans un cadre plus grand et plus propice à ce genre d’activités.

Skål

À notre arrivée dans la salle, Skål s’apprête à monter sur scène. Le quatuor wallon (dont le nom signifie « santé » en suédois) pratique un folk metal instrumental très festif. Autant dire que cette formule fait des étincelles. Le public est très réceptif à la musique jouée par le combo : il ne faut que quelques secondes pour que les premiers pogos démarrent. Quelques courageux se lancent même dans des slams malgré la taille réduite du lieu, et le feu ouvert placé au milieu de la salle manquera à plusieurs reprises de brûler les cheveux des crowdsurfers.

Pour ne rien gâcher, les musiciens de Skål, en plus d’être extrêmement sympathiques et très drôles, sont aussi très doués. Leurs mélodies n’ont pas besoin de chant pour nous emmener dans leur monde rempli de barbares, de pirates et de fêtes. Ajoutez-y un son excellent, d’une clarté exemplaire pour ce genre de concert et de lieu, et cela ne nous donne rien de moins que l’un des meilleurs concerts de la soirée.

Lappalainen

Venant de Lille, Lappalainen nous propose un concert un peu spécial puisqu’il s’agit de son avant-dernier avant sa séparation. Le groupe ne manque cependant pas d’énergie et ses membres manifestent très vite leur plaisir d’être de retour en Belgique. Dommage de devoir attendre quelques titres avant que le son devienne optimal : la flûte de Victor, qui assure aussi la guitare acoustique, était tout simplement inaudible au début, nous privant d’une partie du côté folk de la musique.

Si la musique de Lappalainen est foncièrement folk, elle est aussi fortement teintée de death mélodique notamment grâce au growls de Flo. Il faudra d’ailleurs un peu plus de temps que précédemment pour que le public se lâche complètement. Bien décidés à s’amuser, les Français ont tout autant la patate que le public. Le chanteur ainsi que le guitariste Julien s’offriront même des petits bains de foule. On regrettera de ne plus pouvoir applaudir ce combo dans le futur.

Trikhorn

Beaucoup de décors sont maintenant amenés sur scène, notamment un mini drakkar placé devant la batterie. C’est le signe que Trikhorn s’apprête à démarrer son set. Étant à la base de ce festival, beaucoup de leurs amis sont présents. L’alcool aidant, ils semblent passer un très bon moment à écouter le folk metal du combo liégeois. On ne peut pas en dire autant d’une bonne partie du public qui migre vers le bar ou l’extérieur.

Certes, les musiciens bénéficient d’un capital sympathie qui donne envie de les aimer, mais leur musique maladroite et cliché rend difficile le partage de leur univers, mélangeant pirates et vikings. Leurs fans semblent cependant avoir beaucoup apprécié et ont créé un beau bordel : plusieurs membres du public sont montés sur la scène pourtant déjà bien encombrée par tous les accessoires du groupe. D’autres sont restés hermétiques à Trikhorn. Dommage.

Aktarum

La formation suivante est l’un des fers de lance de la scène folk metal belge : Aktarum ! Qualifiant sa musique de « troll metal », le groupe propose un mélange de sonorités festives, épiques et folk (jouées au clavier par le chanteur TrollOur) et de vocaux écorchés proches du black metal. Le public danse au son des mélodies des trolls belges mais reste plus calme qu’auparavant, malgré quelques timides et tardifs pogos.

Le combo perd peu de temps en blabla afin d’enchainer un maximum de titres. Fort de sa réputation et son expérience, il sait proposer des morceaux qui plaisent au public tels qu’un Light Up The Torches si efficace ou encore Rock’n’Troll, indéboulonnable des setlists d’Aktarum. Trois ans après la sortie de son excellent dernier EP, Game of Trolls, nous attendons donc avec impatience une suite discographique à l’histoire de nos trolls favoris.

L’ambiance s’apprête maintenant à changer car la batterie est purement et simplement retirée de la scène. Les dernières notes du set d’Aktarum seront l’ultime saturation de la soirée.

Acus Vacuum

Place à Acus Vacuum, groupe de musique néo-médiévale composée simplement de deux percussionnistes, deux joueurs de cornemuses et une danseuse. Pas de chant et un set 100% acoustique pour une ambiance sans pareil.

Fidèles à leurs habitudes, les musiciens proposent d’offrir de l’hypocras aux personnes qui se démènent le plus dans la fosse. Il n’en faut pas plus pour que la fête redémarre de plus belle. En plus de quelques classiques médiévaux comme In Taberna, Acus Vacuum fait plaisir à ses fans en leur offrant une reprise du thème de Games of Thrones, scandé par la foule pendant que la danseuse Azora virevolte avec deux sabres.

Comme toutes ses précédentes prestations, le show d’Acus Vacuum fut une réussite. Le public semble d’ailleurs d’accord puisqu’un rappel est demandé avec insistance. Malheureusement et par manque de temps, il sera refusé par l’organisation.

L’heure du bilan

Le bilan de cette première édition du Rise of Trolls est on-ne-peut-plus positif. De très bons concerts dans une ambiance magique, que demander de plus ? Un très grand bravo et merci au collectif A.S.O.M. pour cette réussite. Une deuxième édition est d’ores et déjà prévue pour l’année prochaine, dans un lieu plus grand, avec deux scènes et un line-up prometteur comprenant notamment La Maisnie Hellequin, Mormieben et Fenrir. Nous avons hâte !

 

QUELQUES IMAGES © MAEVA BRIFFLOT

 

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