Concert, Hip-Hop, Liège, Musique

DES HISTOIRES À LA CROISÉE DES ARTS

DES HISTOIRES À LA CROISÉE DES ARTS

Rédaction : Olivier Sogan // Photographies : Gilles Fischer

Le Théâtre de Liège a remis le couvert avec ses Bons Plans C.U. La première de la saison s’est déroulée jeudi passé. Le principe ? Une soirée à prix avantageux, destinée au moins de 35 ans, s’appliquant à désacraliser le théâtre et à attirer une clientèle plus jeune, grâce à un concert live. Pour ce lancement, deux pièces au choix de Marguerite Duras :  La Musica Deuxième et La Maladie de la mort. Clou de la soirée, le live de la bruxelloise Nephtys, qui a transporté l’assistance dans un monde à mi-chemin entre rap engagé et douces vocalises.

Debout sur la scène, vêtue d’un ensemble marron qui s’accorde à la décoration du Théâtre de Liège, Nephtys fait son soundcheck. Les quelques habitués du théâtre aperçoivent brièvement ce qu’elle leur réserve.

Une tasse de thé à la main, elle s’installe avec son équipe : Sharon, sa manageur, et Sam, son musicien. Tandis qu’ils discutent, le Café des Arts, où se tiendra le concert, se remplit par vague. L’ambiance se met progressivement en place. Un spectre représentant toutes les tranches d’âge se dessine, en même temps que s’esquissent les sourires des organisateurs : ils ciblaient un public plus jeune que d’ordinaire. Objectif atteint !

Nephtys au Théâtre de Liège, peu avant son concert

Caro Hakim alias Nephtys © Gilles Fischer

La salle de l’Oeil Vert et celle de la Grande Main, qui accueillent les deux pièces de Marguerite Duras, se remplissent

Divisé en deux, le public s’installe selon un rituel bien rôdé. L’éclairage se tamise, le silence s’impose. Ce soir, ils sont venus (re)découvrir une des deux pièces prévues pour la soirée : La Musica Deuxième, mise en scène par Guillemette Laurent, et La Maladie de la mort, dirigée par Katie Mitchell. Pendant une heure, ils profitent des performances de Catherine Salée et Yoann Blanc d’un côté, de celles de Laetitia Dosch, Nic Fletcher et Irène Jacob de l’autre.

Les lumières éclairent de nouveau, les applaudissements résonnent. L’auditoire des deux salles, encore imprégné de la langue de Duras, se rencontrent une seconde fois. Ensemble, ils retrouvent le bar, ses bières et sa scène : Nephtys, tout sourire, entame son show !

Nephtys en concert au Théâtre de Liège

Nephtys © Gilles Fischer

Un message positif et des histoires à la pelle

Très à l’aise, l’interprète de Pictures offre un live aux allures de conversation. Entre chaque chanson, elle discute, parle, explique. Et met un point d’honneur à s’ouvrir et à communiquer son engouement. Partager du positif à quiconque l’écoute constitue un aspect important de son art. Et elle y parvient : timides au début, les spectateurs, d’abord confinés derrière les tables qui les séparent de la scène, succombent et se rapprochent. Les mélodies jouées par Sam et son clavier, associées à la maîtrise vocale de la chanteuse, emportent l’assemblée dans un univers de douceur.

L’artiste bruxelloise mêle aussi bien le rap que le chant. Chanteuse de formation, elle a fait ses classes auprès  de différents artistes tel que Tracin’Tracy, une formation jazz hollandaise. Après un passage remarqué à The Voice Belgique en 2013, alors qu’elle avait à peine 23 ans, elle a décidé de se lancer dans une carrière solo et de faire ce qui lui plaisait vraiment : du hip-hop. S’entame alors un processus de recherche artistique, qui a abouti à une renaissance : de Caro Hakim, elle se change en Nephtys, déesse égyptienne gardienne des sarcophages associe au phoenix et qui représente la féminité.

Nephtys et son musicien Sam, en concert au Théâtre de Liège

Nephtys & Sam © Gilles Fischer

Nephtys, Mistress of the house

L’auteure, compositrice et interprète entame son single Sistas be balling. Une chanson en l’honneur de ces femmes fortes, multitâches, qui se battent tous les jours et qui réussissent. Sa musique relaie entre autres la cause féministe. “Mon premier EP, Nephtys, Mistress of the house, qui sortira courant de cette semaine, aborde plusieurs thèmes qui font écho à la vie que j’ai mené”, confie-t-elle. Un projet qui traduira sa polyvalence : elle ne souhaite pas s’enfermer dans un style musical, puisque ses influences sont multiples. Amoureuse des musiques du monde, elle exprime cette diversité sur scène, passant du rap aux prouesses vocales comme dans Heaven, une autre de ses compositions.

Nephtys en concert au Théâtre de Liège

Nephtys © Gilles Fischer

Les bons plan C.U., première édition : rideau !

La déesse égyptienne quitte la scène et se mêle à la foule, dans un de ces moments divin où on peut approcher l’artiste, la féliciter pour sa performance, et lui poser quelques questions. C’est là la force de ce genre d’événement : une proximité qui permet, dans l’ambiance cosy et intimiste du Théâtre de Liège, de profiter d’un spectacle et d’échanger quelques mots avec un artiste. Rendez-vous est pris pour la deuxième édition : elle aura lieu le 29 novembre prochain.

 

Nephtys, à suivre :

  • Le 20 octobre 2018 : Urban Ardent (Bruxelles)
  • Le 27 octobre 2018 : Première partie de Gavlyn, pour le concert Girlz Gangz on stage

 

Nephtys en concert au Théâtre de Liège

Nephtys © Gilles Fischer

Nephtys en concert au Théâtre de Liège

Nephtys © Gilles Fischer

Nephtys en concert au Théâtre de Liège

Nephtys © Gilles Fischer

Sam, musicien de Nephtys, en concert au Théâtre de Liège

Sam © Gilles Fischer

Nephtys en concert au Théâtre de Liège

Nephtys & Sam © Gilles Fischer

Nephtys en concert au Théâtre de Liège

Nephtys © Gilles Fischer

Nephtys © Gilles Fischer

Nephtys © Gilles Fischer

 

Commentaires

commentaires

You may also like
QUAND LIÈGE TOURNE AU RYTHME DU FIFCL
Festival International du Film de Comédie de Liège, Liège
QUAND LIÈGE TOURNE AU RYTHME DU FIFCL
13 novembre 2018
JÉRÔME MARDAGA, ENTRE ENVOLÉE LANCINANTE ET ÉRUPTION VOLCANIQUE
Artiste, Chronique, Concert, Interview, Liège, Musique, reflektor
JÉRÔME MARDAGA, ENTRE ENVOLÉE LANCINANTE ET ÉRUPTION VOLCANIQUE
13 novembre 2018
LE DEB FEST’, UNE HISTOIRE QUI POURRAIT DURER
Chronique, Festival, Liège
LE DEB FEST’, UNE HISTOIRE QUI POURRAIT DURER
12 novembre 2018

X