DAVID LEO: THERE IS NO ALTERNATIVE

Photographies © Thierry de Froidmont
Interview > Cécile Botton

 

 

 

 

Quatremille a rencontré David Leo, ancien membre du groupe liégeois Malibu Stacy. il répond aux questions de Cécile Botton !

Sachez que David Leo sera présent ce soir au Nandrin Festival !

 

 

 

 

Quatremille : Quelle est ta punchline (maxime / credo) ?

David Leo : Ma punchline, c’est le titre de mon nouveau single « T.I.N.A. », l’acronyme de « There Is No Alternative ». En fait, lorsque j’écris, au départ, il y a la dimension personnelle… car dans la vie, d’une part, on doit oser vivre ou essayer de vivre ses rêves, ceux qu’on a envie de faire. D’autre part, il faut s’empêcher de suivre les voies que la famille ou la société ont tracées pour toi. Et ça, c’est quelque chose que j’ai fait quotidiennement… Je me suis mis à la musique, je suis allé à l’université… Donc, la première lecture, c’est oser vivre ses rêves et faire des choses complètement folles. La deuxième, c’est par rapport à ce qui se passe dans le monde depuis quelques années, chez nous, en Europe, où j’ai déjà entendu des politiciens utiliser ce terme  en disant : « Voilà, on va faire ça et ça… »  Charles Michel l’a aussi utilisé à l’époque des réformes liées au chômage, il utilisait cet acronyme en disant : «  Voilà, on n’a pas le choix, on doit faire comme ça… ». Or, je pense qu’on a toujours le choix de faire autrement… Ici, je chante avec des enfants et j’ai repris cet acronyme en l’utilisant à contre-pied de ce que les politiciens disaient à l’époque… Simplement en disant qu’il y a une alternative à ce que vous nous imposez.

 

Quatremille : Pourquoi avoir ajouté Léo à la suite de ton prénom ?

David Leo : Tout d’abord parce que c’est mon deuxième prénom, Léopold. Ensuite, parce que c’était le prénom de mon papa qui est décédé quand j’avais 17 ans. Peu avant sa mort, il m’a demandé ce que je voulais faire et quand je lui ai dit que je voulais être chanteur, il m’a répondu que je ferai chanteur si je voulais, mais que d’abord je devais aller à l’université pour avoir un diplôme… Il n’a jamais su que j’allais réussir à faire de la musique mon métier.  En gros, c’est un hommage à mon père et une espèce d’envie qu’il soit avec moi vu qu’il me manque terriblement. C’est également une manière de prouver que j’ai réussi à réaliser mon rêve… C’est aussi lui dire merci car ma formation universitaire m’apporté plein de choses, que ce soit au niveau de l’anglais, apprendre à s’organiser, à s’exprimer, à entretenir des relations cordiales et professionnelles avec les gens… c’est un tout en fait, l’université, c’est aussi l’école de la vie.

 

Quatremille : Étant professeur de langues au départ, qu’est-ce qui t’a amené à envisager la musique de manière professionnelle ?

David Leo : Déjà, c’était un rêve de toujours… J’écris des chansons depuis que j’ai 13 ou 14 ans et je chante depuis toujours… Je chantais certainement très mal, mais je chantais quand même. Et ce qui m’a poussé à envisager cela de manière professionnelle, c’est ma rencontre avec mes anciens collègues de Malibu Stacy avec lesquels on a remporté un concours qui s’appelle « concours-circuit ». Grâce à ça, on a signé, avec une maison de disque, un contrat qui nous engageait pour environ une dizaine d’années à savoir qu’on avait signé pour un EP et trois albums. C’était en 2004, j’étais déjà prof et très vite, on s’est rendu compte que si on voulait faire les choses correctement, il fallait travailler la musique ensemble tous les jours ou presque et ainsi devenir complices musicalement… Écrire une chanson, c’est un travail, ce n’est pas quelque chose qui tombe du ciel… on a vraiment voulu se donner à fond et pendant toutes ces années, on a fait cela presque tous à temps plein… et puis au niveau des horaires, des déplacements à l’étranger très fréquents, c’était impossible d’avoir un travail avec des horaires réguliers. Il fallait trouver des solutions et on a tous été durant un certain temps intermittents du spectacle… Moi, je le suis toujours et c’est chouette !

 

Quatremille : Après le succès qu’a connu Malibu Stacy, pourquoi te lancer dans un projet solo ?

David Leo : Je n’avais pas du tout envie d’arrêter la musique, je sentais que j’avais encore des choses à raconter… car quand on était ensemble, c’était moi qui écrivais les textes mais les autres avaient un droit de regard, ce que je peux tout à fait comprendre, mais ça a parfois été source de conflits… En même temps, je comprenais très bien qu’avoir un groupe, c’était des compromis. Ici, c’était une envie de créer mes propres choses sans aucune barrière et sans avoir quelqu’un qui remet en cause ce que j’écris… et donc ici, c’est zéro compromis. Il y avait aussi des divergences artistiques. Au départ, on avait vraiment un noyau d’influences communes sur lesquelles on se rejoignait… le premier album, ça été tout seul, le deuxième un peu moins bien et le troisième, on a un peu galéré pour essayer de mélanger toutes nos envies. Et donc, j’ai dû mettre une partie de mes goûts de côté. Du coup, maintenant, je fais une sorte de coming out musical où je me permets de faire des trucs parfois introspectifs, très pop et très colorés…. On m’a dit qu’il y avait l’une ou l’autre chanson qui ressemblait à Mika, chose qui n’était pas intentionnelle… J’avais vraiment envie de me faire plaisir et de faire des choses que je me suis toujours empêché de faire… Je pense que j’avais besoin de mettre un terme à ma première histoire musicale avant d’entamer celle-ci parce que les deux en même temps cela aurait été difficile à gérer.

 

Quatremille : Neuf années au sein de cette formation, ça laisse des traces… Que gardes-tu de cette expérience ?

David Leo : Des milliards de choses ! Principalement du positif parce que le négatif, je l’ai utilisé pour donner une direction à mon projet et ne pas reproduire les erreurs passées… Mais non, c’est beaucoup de positif, pas mal de voyages, d’enregistrements à l’étranger et plein de festivals… Notamment en Belgique où on a participé à la première édition des Ardentes… Lors de l’été 2005, on a joué à Dour, aux Francos… C’était déjà de gros festivals pour un jeune groupe ! Ce sont les rencontres avec les gens, avec ma femme aussi, le stress d’avant concert et puis la délivrance quand je monte sur scène, le bonheur que ça me procure, l’adrénaline… toutes les choses qui font que je fais de la musique ! Et puis c’est aussi la réalisation d’un rêve, la concrétisation de dix-mille choses que j’ai mises en place quand j’avais 14-15 ans car je bossais déjà beaucoup à cet âge-là. Chez moi, je m’entrainais énormément à chanter, à jouer de la guitare… Tout un travail qui a servi à quelque chose. Je le faisais parce que je prenais énormément de plaisir mais là où j’avais pas mal d’amis qui sortaient ou qui faisaient du sport, moi je travaillais la musique. Voilà, il y avait des moments où je sortais dans le jardin… C’était une énorme maison isolée, alors j’allais dehors à minuit, je pouvais hurler, jouer comme je voulais, je ne dérangeais personne… C’était génial ! »

 

Quatremille : Dans Malibu Stacy, vous étiez sept. À présent, tu opères en solo ! Quels changements est-ce que cela amène au niveau de la composition musicale et de l’écriture des textes ?

David Leo : Un des grands changements, c’est la cohérence ! Je choisis la couleur que je veux donner… Tout simplement, je suis seul maître à bord tant musicalement qu’au niveau des textes… Après, j’ai travaillé avec Anthony Sinatra et avec mon ancien batteur Salvio La Delfa qui forcément émettent des avis, mais comme ils sont beaucoup moins impliqués dans l’écriture, ils ont plus de recul et leurs avis sont plus objectifs… donc libre à moi de les suivre ou pas, mais la plupart du temps, je les suis parce que ce sont des gens bienveillants qui veulent le meilleur pour moi… Oui, c’est la cohérence, je peux vraiment faire ce que j’ai envie et ça je ne l’avais jamais vécu avant… Quel autre changement ? Difficile à dire… D’un point de vue administratif, organisationnel… c’est beaucoup plus compliqué parce que les musiciens avec lesquels je travaille actuellement ne sont pas intermittents et qu’il faut jongler avec les horaires de chacun. Ici, je suis réellement chef de projet. Dans Malibu Stacy, on gérait tout ensemble et on se répartissait les tâches en fonction de nos qualités. Ici, c’est beaucoup plus complexe, mais je ne regrette absolument pas, ce qui compte, c’est le résultat et la musique que je fais. »

 

Quatremille : Quelle « ligne » as-tu voulu insuffler à ton nouveau disque ?

David Leo : Tout d’abord au niveau du style, c’est résolument pop avec un côté très très rétro, années 80, début 90. Et quand Anthony s’est dit intéressé pour collaborer, j’ai dit oui tout de suite parce que je connaissais son travail avec Piano Club. C’est un gars qui a une culture musicale assez dingue et qui possède énormément de synthés vintages… Voilà, je l’imaginais très bien arranger mes maquettes et les produire. Je voulais que la ligne soit résolument pop, colorée et qu’il y ait deux niveaux de lecture, un niveau autobiographique et un plus universel. Je voulais aussi m’adresser directement aux gens d’une certaine manière… faire en sorte que ce soit calibré, cohérent et facile à cerner.

 

Quatremille : Faire de la musique à Liège c’est… ?

David Leo :  … Pouvoir passer un coup de fil à toute une série de personnes quand j’ai besoin d’un conseil, de trouver un local de répétition, de retravailler des textes, des compositions… C’est pouvoir bénéficier d’un réseau de personnes super motivées, bienveillantes qui se rendent service et qui d’une manière ou d’une autre se rendront l’ascenseur… Il n’y pas ce côté show business qu’on retrouve au niveau belge face à la presse ou à la radio où, si le programmateur met ta chanson dans la playlist, tu es obligé de lui donner des places de concert…. Enfin obligé, on se comprend, c’est plutôt un donné pour un rendu. Donc, c’est vraiment un partage avec l’envie de s’apprendre des trucs les uns les autres ! »

 

Quatremille : Comment imagines-tu ton projet solo dans le futur ? Où peut-on suivre son évolution ?

David Leo : Je vais d’abord voir comment l’été va se passer, toutes les dates, l’accueil du public, des programmateurs… Après les fêtes de Wallonie qui seront les derniers festivals, je ferai le point pour voir un peu comment j’envisage la suite. Et puis, il y aura les dates en club… Par contre, je travaille déjà sur les prochaines chansons car il faut toujours avoir un coup d’avance, si pas deux. Donc je verrai… mais maintenant, je suis déjà hyper satisfait et je ne vais pas bouder mon plaisir. Musicalement, j’ai envie de continuer et les rentrées à venir vont me permettre de réinvestir dans le projet. On peut me suivre sur Facebook, Instagram où je suis aussi assez actif et sur mon site internet… Il y a aussi une newsletter à laquelle on peut s’abonner, le tout sous le nom de « David Leo ».

 

Quatremille : As-tu des concerts ou événements programmés ?

David Leo : Oui, voici les dates : le 30 juin à l’Unisound festival, le dimanche 2 juillet au Nandrin festival, le dimanche 23 juillet aux Francofolies de Spa, le vendredi 11 aout Donkey Rock, le dimanche 13 aout Brussels Summer Festival, le dimanche 27 aout Scène Sur Sambre, et le samedi 2 septembre G-Move. Puis, il y aura aussi les fêtes de Wallonie à Namur, à Andenne et peut-être à Liège.

 

 

 

Et quelques images !

 

    

    

 

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