DADDY COOKIZ, UNE QUESTION DE FRÉQUENCE

Rédaction : Ludovic Minon // Photos : Dreamers Visuals & Bernard Jaegers

Dans un live aux allures de première scène, Daddy Cookiz a confronté son projet solo au public chez Primitive Music ce samedi 16 mars. Accompagné de son beatmaker B.R.C., la performance vient concrétiser la série des Live Sessions, clips vidéos diffusés sur les réseaux. Déjà connu avec son groupe de reggae Atomic Spliff, le MC liégeois s’éloigne du vert-jaune-rouge pour tendre vers un hip hop teinté de dub, dans une formule en duo résolument électronique.

Enveloppé de basses lentes et puissantes, le mélodica qui tape dans les aigus sonne comme une incantation. « J’aime le côté atmosphérique dans la musique » explique Daddy Cookiz. « Je n’ai pas spécialement envie que ce projet fasse sauter tout le monde en l’air : ça, c’est plutôt le style d’Atomic Spliff. » Son bonnet orange vissé sur la tête, le MC monte sur les planches de Primitive Music avec autant d’aisance mais plus de sérieux que d’habitude. Un premier live, c’est toujours beaucoup de pression. « Nous avons une certaine renommée avec Atomic Spliff et là, nous prenons un pari » confie-t-il. « C’est un nouveau projet : il y a beaucoup de choses à penser et à défendre. »

Mais la musique fait son œuvre et le challenge est vite plié. Le public semble conquis malgré la distance évidente avec le reggae d’Atomic Spliff auquel est associé Daddy Cookiz. « J’aurais du mal à mettre le mot reggae sur ce qu’on fait là maintenant. Peut-être dub ? Une musique de basses en tout cas, avec des samples et des gros beats… » développe-t-il. « Le projet est proche du hip hop, même si mon flow et ma manière de chanter restent d’inspiration reggae. »

« Gimme a good skank deejay… »

Le projet Daddy Cookiz n’est en fait pas un projet solo mais une formule duo. Jonathan Winthagen, alias Daddy Cookiz, travaille de pair avec son beatmaker Brieuc Di Maria, alias B.R.C., également membre d’Atomic Spliff. « C’est Cook’ qui fait les bases musicales, un premier jet des beats et les textes. Moi, je m’occupe des arrangements et du reste de la composition. » explique ce dernier. « Nous travaillons à deux, mais la base vient de Cookiz, ce qui explique le nom du projet. »

Le concert fait la part belle au live beatmaking et à l’aspect électronique de la musique. « Cet aspect ouvre tout un champ de créativité » défend B.R.C.. « Tu peux choisir la façon de sonner des instruments, etc. » Et le beatmaking est présent dans l’ADN de Daddy Cookiz. « J’avais envie de jouer en live avec mon MPC et de le faire tout seul » confie-t-il. « Brieuc m’a rejoint sur la quatrième Live Session. C’est à partir de ce moment que nous avons travaillé dans l’optique de faire des lives. » « Nous sommes un peu des geeks tous les deux » rigole l’intéressé. « Nous aimons les machines ! »

« Ina me bubble, me no need no trouble… »

Programmé à Dour cette année, le projet Daddy Cookiz n’éclipse pas Atomic Spliff pour autant.  Début avril, le groupe joue au Up Festival. « J’ai envie de montrer aux gens mon univers musical personnel, ce que je ne peux pas entièrement faire avec Atomic Spliff » explique Daddy Cookiz. « Dans mes inspirations, il y a du hip hop, de la trap, du dub, de la soul… J’ai envie de pouvoir mettre ces couleurs dans ma musique. » Mais à l’occasion du concert chez Primitive Music, le chanteur recycle volontiers certains textes. « Évidemment ! Génération Stress, par exemple, est un texte qui reste d’actualité et que j’ai envie de défendre » déclare-t-il. « Même si l’objectif est d’écrire de nouvelles chansons. »

Des choses à défendre, Daddy Cookiz en a assurément. « Le Belge se comporte parfois comme s’il n’avait pas confiance en sa propre culture. C’est pour ça que j’ai repris le terme Wallifornie que je trouve cool… C’est un peu le rêve américain pété ici ! » Le tournage du troisième épisode des Live Sessions se déroule sur une autoroute abandonnée en direction d’Anvers. Une représentation du passé industriel laissé à l’abandon que Daddy Cookiz affectionne. « Pour notre premier concert, cet endroit-ci, Primitive Music, est magnifique. » confie-t-il. « Un ancien charbonnage retapé, un espace en dehors de la ville qui revit… Ça colle bien avec l’esprit du projet de revendiquer notre ancrage local ! ». « Je suis très fier d’être Liégeois, de venir de notre région » sourit-il.

Daddy Cookiz chez Primitive Music © Dreamers Visual

Daddy Cookiz chez Primitive Music © Dreamers Visuals

Daddy Cookiz chez Primitive Music © Dreamers Visual

Daddy Cookiz chez Primitive Music © Dreamers Visuals

B.R.C., beatmaker de Daddy Cookiz, chez Primitive Music © Dreamers Visual

B.R.C., beatmaker de Daddy Cookiz, chez Primitive Music © Dreamers Visuals

Daddy Cookiz chez Primitive Music © Bernard Jaegers

Daddy Cookiz chez Primitive Music © Bernard Jaegers

Daddy Cookiz chez Primitive Music © Bernard Jaegers

Daddy Cookiz chez Primitive Music © Bernard Jaegers

 

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