« CECI N’EST PAS UN CORPS » : VISITE SURRÉALISTE DE SCULPTURES HYPERRÉALISTES

Rédaction : Giulia Calamia // Photos : Gaëtane Lorenzoni // Slam : Mel

Depuis le 22 novembre et jusqu’au 3 mai 2020, le Musée de la Boverie accueille l’exposition Hyperrealism Sculpture. Ceci n’est pas un corps. À travers un parcours chronologique, les visiteurs ont l’opportunité d’appréhender le courant hyperréaliste qui regroupe des sculpteurs internationaux et des conceptions artistiques variées de ce qu’est la réalité.

John Deandrea, Hyperrealism Sculpture - La Boverie © Gaëtane Lorenzoni
John Deandrea, Hyperrealism Sculpture – La Boverie © Gaëtane Lorenzoni

Marc Sijan, Hyperrealism Sculpture - La Boverie © Gaëtane Lorenzoni
Marc Sijan, Hyperrealism Sculpture – La Boverie © Gaëtane Lorenzoni

La sculpture hyperréaliste naît aux États-Unis dans les années 1960 en réaction à l’art abstrait dominant. Alors que la représentation réaliste des corps semblent révolue, des artistes choisissent d’utiliser moulage, modelage et jeux de couleur afin de donner des illusions de réalité à leurs statues humaines. Sans le savoir, ils ouvrent une nouvelle voie qu’emprunteront de nombreux sculpteurs qui se serviront des mêmes méthodes pour donner leur propre interprétation du monde.

Divisée en six sections, six tendances de la sculpture hyperréaliste, l’exposition offre des représentations humaines entières ou tronquées, poly ou monochromes, nues ou vêtues, micro ou macroscopiques, déformées ou hyperréelles. Ces choix artistiques dépendent de la tendance de l’époque mais surtout du point de vue de l’artiste sur son sujet. Entre réalisme épatant, parfois perturbant, nouveau-né gigantesque et statue polyglotte, l’exposition nous balade d’une interrogation à l’autre et remet en question notre vision de l’être humain : « Ceci n’est pas un corps », mais l’illusion est là. Et la frontière entre son propre corps et celui des statues est ténue, voire inexistante, lorsqu’on se rend compte qu’on ne distingue plus les visiteurs des œuvres exposées.

Le slam de Mel

L’indestructible d’un corps fragile 
Fragment de souvenirs mobiles 
Fragment de vie porteur de sens 
Une vie sanctuaire de sentences 
Une vie courte mais exigeante
L’enveloppe me porte
Elle me réconforte 
Parfois je voudrais troquer le paquet 
Où les nœuds sont mal fait 
Souvent j’me tais, ça mon corps le sait 
J’en paye le prix fort
Alors mon corps se fatigue 
Il s’use, se fragilise 
J’voudrais le figer dans le temps 
J’voudrais exorciser le récipient 
Qu’il respire au gré du vent 
Qu’il se libère fièrement 
On nous montre le monde 
Tel qu’il est 
Sans commentaire simplet 
Regarde ce n’est pourtant pas si différent 
La silhouette en est frappante 
Elle te regarde, le temps marqué sur son visage 
Elle te regarde sans un mirage 
Force est de rester sage 
Elle vie, elle vie à travers son créateur 
Elle vie, elle vie à travers nous spectateur 
Le temps d’une brève rencontre
Le temps d’une trêve quelconque 
Elle se remplie de symbole
Elle porte l’humanité et sa nécropole 
Son battement n’est pas l’oeuvre d’une synapse 
Ni la trace d’une cité cachée sous un sitar 
Elle porte le monde et nous le montre 
Elle porte le monde et 
Féconde nos esprits sombres 
On trompe le réel
Et la performance se montre au naturel 
Détourne notre regard du manuel 
Puis nous renvoie à l’essentiel 
De l’essence même. 

(Mel.) 

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