CAROLINE POISSON, ENTRE HYPERACTIVITE ET EXTRÊME DOUCEUR

Interview : Rachel Thonart Nardellotto / Photographies © Caroline Poisson & Donna Photography

 

Caroline, artiste liégeoise multidimensionnelle dotée d’une créativité et d’une énergie débordantes, a minutieusement répondu aux questions de Rachel Thonart Nardellotto pour Quatremille ! Nous vous invitons à en apprendre un peu plus sur ce mystérieux (et très joli) poisson !

Quatremille : Bonjour Caroline ! Pourrais-tu commencer par nous donner ta punchline, ton credo ?

Caroline Poisson : Le Poisson, c’est bon pour la santé !

Quatremille : D’où vient ton nom d’artiste : Caroline Poisson ? Il a quelque chose d’enfantin, est-ce volontaire ?

Caroline Poisson : Mon vrai nom, c’est Caroline Dehareng. Quand j’étais petite, je finissais le dessin de ma signature avec un petit poisson. En fait, je la termine toujours comme ça aujourd’hui !

Quatremille : Tu as fait de l’illustration, du graphisme, des performances, de la musique,… et on te rencontre aujourd’hui pour parler de tes vidéos. Pourrais-tu brièvement nous résumer ton parcours ? Et nous dire, en quelques mots, comment ces différentes expériences se sont répondues et t’ont amenées à ton activité actuelle ?

Caroline Poisson : En commençant mes études supérieures, je voulais réaliser des dessins animés. J’ai donc d’abord étudié l’illustration et le cinéma d’animation. Durant mes études à l’Erg, j’ai découvert le cours d’installation et performance et je suis partie étudier à Berlin. J’y ai rencontré une façon de voir la vidéo plus expérimentale et, en rentrant, je me suis réorientée. Après mon Master, je me suis dit qu’il me fallait des compétences plus techniques pour développer mes idées. J’ai donc suivi plusieurs formations techniques en image, montage et son. La musique, je l’ai découverte toute petite avec le piano, j’ai commencé à prendre des cours quand j’avais quatre ans.

Je pense que la vidéo, c’est une histoire de couleurs, de sentiments, de rythme, donc au final tout se répond assez bien !

Quatremille : Vu la place grandissante qu’occupe la vidéo dans la société actuelle et grâce à la démocratisation du matériel, les vidéastes et faiseurs d’images en tous genres se multiplient…  Comment te positionnes-tu par rapport aux autres vidéastes ? Quelle est la force de ton travail, à ton sens ?

Caroline Poisson : J’ai récemment eu la chance de filmer beaucoup de danseurs, notamment une séance de danse libre organisée par la merveilleuse Florine Thomas, créatrice du concept Anima. La séance a duré deux heures trente, deux heures trente durant lesquelles je n’ai pu retenir mes larmes tellement l’émotion me transperçait à travers l’objectif. Lorsque j’ai montré le film à Florine, elle s’est sentie comprise entièrement dans ma perception de sa démarche. Pouvoir me laisser inspirer par les gens, aller au-delà d’une relation prestataire-client, c’est essentiel pour moi.

Quatremille : Quel paradoxe fort résumerait au mieux le style de tes réalisations ?

Caroline Poisson : Je suis une rêveuse, encore bercée par l’enfance, mais avec les pieds sur terre. Une sorte de Peter Pan bien éduquée par Mary Poppins ! Je parle beaucoup, très fort, je suis une pile électrique, mais mes vidéos révèlent mon côté guimauve. Même dans un festival de métal, je pourrais filmer un sourire ou un chien qui mange un hot-dog.

Quatremille : Est-ce que, en parallèle des commandes, tu as l’occasion de faire des vidéos d’auteure, plus personnelles ?

Caroline Poisson : Cette année, j’ai décidé de prendre le temps. A force de travailler pour les autres, on s’oublie un peu. Je travaille depuis deux ans sur l’écriture de mon premier court-métrage. C’est une fiction qui parle de ce qui me tient le plus à coeur : nos racines, nos rêves, d’où on vient et ce qu’on cherche. C’est le fil conducteur de beaucoup de projets qui se concrétisent cette année pour moi !

Quatremille : A ce propos, lors de l’open mic du Fig. Festival, tu as parlé d’un projet de documentaire en préparation et lié à un de tes récents voyages au Colorado. Pourrais-tu nous en dire plus ?

Caroline Poisson : J’ai en effet eu la chance de suivre le groupe liégeois Everyone is Guilty, parti enregistrer son premier album avec Slim Cessna, un grand monsieur de la country alternative.
Le documentaire est en cours de montage. J’ai pu réunir une super équipe et la sortie est normalement prévue en septembre ! Je suis assez excitée de pouvoir travailler en équipe. C’est une toute autre façon d’aborder le travail et c’est extrêmement riche.

Quatremille : Est-ce qu’il y a d’autres projets que tu rêverais d’avoir l’occasion de lancer ? Quelque soit la discipline artistique concernée !

Caroline Poisson : J’ai depuis un moment l’idée en tête de lancer un nouveau projet musical. J’ai envie de recommencer à chanter, de créer des sons, des images. Peut-être qu’on en reparlera dans dix ans !

Quatremille : Au fil de ton parcours, tu as certainement travaillé avec une multitude de personnes ! Est-ce que de ces diverses rencontres sont nées / pourraient naître des collaborations durables ?

Caroline Poisson : Mon domaine de prédilection, c’est le milieu musical. Les clips, les concerts, c’est ce qui me fait vibrer. Je suis superstitieuse, donc je n’en dirai pas plus. Mais de belles choses arrivent, je l’espère !

Quatremille : En parallèle de ton activité de vidéaste freelance, tu travailles également pour le Flair Magazine.
Qu’est-ce que ce job t’a appris de plus précieux ?

Caroline Poisson : Qu’il ne faut pas avoir peur de ce qu’on ne connaît pas ! J’ai appris à réfléchir en terme de marketing, ce qui est, soyons honnête, très utile, même dans l’art. J’ai aussi appris que Miss Belgique est badass, et ça je ne l’aurais jamais cru ! Les préjugés, ça va dans les deux sens. Les gens me regardent parfois comme si je sortais du film Party Monster, mais j’avais le même regard sur pas mal de gens que je rencontre aujourd’hui grâce à Flair… Et qui sont en fait adorables.

Quatremille : Entre Flair, tes commandes, tes chats, ton Homme et tes amis… Tu arrives encore à tenir debout ! Un conseil pour ceux ou celles qui se lancent ?

Caroline Poisson : Dès qu’on ne se sent pas en phase avec ce qu’on vit, il faut se poser. Réfléchir à ce qui ne nous plaît pas, comprendre pourquoi, et voir où on veut aller. Mon truc magique, c’est la randonnée. Ça fait un peu vieille Mamy mais, sérieusement, ça fonctionne !

Quatremille : Ça te fait une vie et un parcours bien remplis ! Mais… Te reste-t-il un vieux rêve, dans un coin de la tête, encore à réaliser ?

Caroline Poisson : L’Alaska ! Je rêve d’y tourner un documentaire. Et ma maison en bois, au fond d’une forêt, au bord d’un ruisseau.

Quatremille : As-tu quelque chose à ajouter ?

Caroline Poisson : Fais confiance à ton instinct, c’est ta différence qui fait ta force !

Quatremille : Merci beaucoup !

Retrouvez son travail sur son site !

 

© Caroline Poisson

© Donna Photography

Commentaires

commentaires