CACHER L’ART

Rédaction : Naomi Bussaglia // Photographies : EKS Creation // Photos exposées : Gael Maleux 

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Lorsque l’on entre dans la maison située au 7 Place Vieille-Montagne (espace7), on a l’impression d’entrer chez quelqu’un, quelqu’un de goût. Décorés des œuvres de la série Blur de Gael Maleux, les murs du hall nous guident vers l’entrée du living room. À l’intérieur, il est presque impossible de bouger tant le public a répondu à l’invitation de ce soir. DJ Raveyards – invité pour le vernissage ce 15 février – installé dans le fond entame un nouveau morceau, toujours intense, toujours rythmé. Déjà on aperçoit, en s’élevant sur la pointe des pieds, des œuvres qui feraient bien de rentrer avec nous. Ça y est, on est tombé sous le charme. La cuisine, appelée ici « biocantine » croule sous les commandes, le vin coule à flots et la terrasse est déjà pleine. Un soir de février comme celui-ci, on en veut plus souvent. Se frayer un chemin parmi les groupes d’admirateurs est plus compliqué que ce que l’on imaginait. Mais c’est après quelques efforts que l’on se retrouve dans le salon, rempli des œuvres de l’exposition White. Ici, un éclairage assez puissant, un canapé où s’installer pour respirer un peu, et toujours la musique du DJ qui résonne. C’est une façon de découvrir l’art.

© EKS Creation

L’exposition White reprend là où Blur – celle de 2017 – s’était terminée. White, c’est avant tout une nouvelle manière que le photographe a trouvé pour cacher ses portraits. Il fait s’élancer ses modèles à la recherche de quelque chose de nouveau : une énergie, une force esthétique particulière, quoiqu’il en soit, c’est quelque chose qu’il capture avec audace. Pour sa dernière série en date, Gael offre à ses modèles un objet qu’ils s’approprient parfaitement : un immense saut d‘argile blanche. On retrouve treize œuvres de cette série-là. Treize œuvres sur lesquelles on observe un enfant, un homme, une femme, couvert d’argile.

Au-delà du but principal qui était de cacher le modèle d’une autre manière que pour Blur, les modèles se retrouvent à danser, positionnés de façon particulière sur leur portrait, ou alors juste souriants, une fleur à la main. La chargée de l’exposition explique le désir de l’artiste de « camoufler ». Elle pointe du doigt les œuvres de Blur où les modèles sont cachés par un drap ou par leur mouvement. On remarque surtout celle où le visage d’Olivier Bonjour, acteur, est caché par la fumée de sa cigarette. Gros coup de cœur de la soirée pour nous, on rigole lorsque le modèle et l’artiste prennent une photo devant le portrait charismatique, accroché au-dessus d’une table.

© EKS Creation

Gael Maleux use d’ingéniosité dans ses deux séries, il joue sur le mouvement pour Blur et sur la matière avec White. Car même si on reconnaît les visages, les modèles sont drapés d’argile, ce qui les protège d’une certaine manière. Il y a une violence que l’on retrouve dans les photos. Le cri capturé d’un enfant, le visage fermé d’un homme, le mouvement rapide d’une personne qui délivre alors une face sans visage. La musique omniprésente aide à libérer ce sentiment brutal. Une chose est sûre, c’est une certaine énergie que l’on ressent en regardant les clichés exposés. On n’est pas soumis à une émotion de calme, généralement liée à la photographie. Ici, on n’est pas paisible devant les œuvres de Gael, on est en recherche. On essaie de s’approprier l’état d’esprit des modèles. On aimerait bien savoir pourquoi ils s’énervent presque, on aimerait bien savoir pourquoi ils crient.

Gael Maleux, liégeois, portraitiste belge, acteur de formation. De nombreux adjectifs pour définir un homme. Et un homme plutôt sympa qui plus est. Loin des sons puissants du DJ, Gael se présente une clope à la main et un sourire aux lèvres. De toute évidence, on n’aura pas beaucoup de temps avec l’artiste : ses proches, ses visiteurs, ses fans ne le laissent pas disparaître plus de quelques minutes. Installé dans la rue, devant L’Espace 7, Gael explique qu’il est heureux. Son but pour cette soirée est atteint. Le but en question était d’investir complètement les lieux et pas seulement les murs avec ses photos. Un DJ le soir du vernissage, un concert unplugged le samedi, et des fourneaux qui ne s’arrêtent pas. La maison est complète, et ce grâce à plusieurs artistes qui ont décidé de partager un instant ensemble.

Ravis, on s’en va avec la musique encore battante dans notre cœur et la nouvelle énergie transposée en nous par les œuvres. On remarque une chose, Gael l’a remarqué aussi et nous le dit en riant : « Je n’en ai pas vus beaucoup traîner sur leur portable. C’est bien. » Le Liégeois est satisfait : pour une fois, les invités ont pris le temps de ne pas être ailleurs.

© EKS Creation

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© Karim Roland

 

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