ÇA BALANCE AU FIL DES MOIS… LA RÉSIDENCE DU DUO RIVE !

Chronique : Cécile Botton / Photographies © Emilie Cronet, Pablo Kharroubi

 

Comme chaque mois, nous vous proposons de découvrir un artiste ou une activité liés à ce projet. En ce mois de janvier, nous sommes partis à la rencontre du groupe RIVE issu de la cuvée Ça Balance 2016.

C’est à travers le clip de Justice que je les ai découverts. Clip qui a, par ailleurs, remporté le prix du « Best Music Video Short Film » au Short of the Year Festival Promofest. Captivée par l’harmonie et le côté un peu décalé de leur vidéo, j’avais vraiment envie de mieux les connaître. Alors quoi de mieux qu’une résidence pour prendre la température de leur univers. C’est donc au Centre Culturel de Chênée que j’ai rencontré une Juliette et un Kevin intarissables quant à leur projet qui vient tout juste de souffler ses deux premières bougies.

Et pourtant, en si peu de temps, que d’événements vécus ! Je vous livre leurs aventures ô combien trépidantes : « En fait, nous nous connaissons depuis une dizaine d’années et nous avons déjà vécu pas mal de projets ensemble. Celui de RIVE a démarré fin 2015, lorsque nous avons postulé au concours organisé par le conseil de la musique Du F. dans le texte. Nous avons eu la chance d’atteindre la finale et de gagner une douzaine de prix composés d’argent, de résidences et de concerts. Ces récompenses nous ont permis de rencontrer pas mal de personnes qui nous ont aidés. Dès lors, nous avons amorcé une autre dynamique de travail. Juste après, en juillet 2016, nous avons terminé 1er du Franc’off aux Francofolies de Spa. Puis, tout s’est enchainé très vite car ce concours nous a également offert concerts et argent.

Il y a tout juste un an, nous avons intégré Ça Balance. Un dispositif d’accompagnement qui nous a ouvert beaucoup de portes ! Nous avons participé à différentes résidences techniques où des intervenants extérieurs nous ont appris à optimiser notre matériel, à simplifier la technique sur scène et à traiter les sons. Avec Jamil Bahri, nous avons travaillé l’aspect scénique. Sans oublier les différentes cessions de travail où sont abordés le fonctionnement de l’édition, les contrats, la question des plateformes numériques,… eh oui, tout cela va bien au-delà de la musique ! Une manière de nous accompagner dans notre quotidien de musiciens qui n’est pas uniquement composé de musique ! Toutes ces aides nous ont permis de nous professionnaliser. Nous avons également eu la chance de participer à différentes vitrines qui nous ont envoyés en Suisse, au Québec, à Bruxelles,… une façon d’être découverts dans d’autres pays francophones tant au niveau des professionnels que du public. C’était super ! Un autre point fort de Ça Balance, c’est de soutenir des projets en développement qui ne sont pas tous au même niveau. Cela permet de rencontrer d’autres musiciens, de voir comment ils fonctionnent. Lors du concert anniversaire à la Caserne Fonck, il y avait dix groupes présents, c’était génial de se retrouver tous ensemble ! Sans oublier les aides financières octroyées pour certains déplacements.

Entre temps, en mars dernier, notre premier EP, Vermillon  est sorti avec 4 titres. Grâce à celui-ci, cet été, nous avons joué dans différents festivals comme les Solidarité, les Francofolies, les Ardentes, le BSF et les Nuits du Botanique. Pour l’instant, tout s’enchaine très vite et très naturellement ! En novembre, nous étions à Montréal et il semblerait qu’on reparte à nouveau en 2018 pour y rejouer. Actuellement, nous préparons un album qui devrait sortir début 2019. Nous enregistrons les morceaux et nous travaillons aussi sur des clips car nous sommes très attachés à l’univers visuel du groupe. Au final, pas mal de projets, mais aussi pas mal de boulot !

D’ailleurs, une de nos forces, c’est de composer et de réaliser tous les arrangements chez nous, à notre rythme, en toute liberté et sans pression. En studio, nous nous attelons au travail de mixage avec notre ingénieur du son, Remy Lebbos. A ce moment-là, il s’agit de reprendre chaque instrument, chaque son, afin de les magnifier. Nous sommes très attachés à la manière d’accommoder les sons et à ce mélange de genres, d’où l’importance accordée au mixage où chaque élément, chaque sonorité doit trouver sa place. Par exemple, nous venons d’enregistrer un morceau avec un piano acoustique car nous aimons ce contraste entre les éléments synthétiques et le côté organique qu’apporte un instrument à cordes comme le piano.

Pour la composition, me confie Kevin, on part généralement d’une mélodie de voix sur des accords au piano ou à la guitare, proposée par Juliette et de cette mélodie découle tous les arrangements dont je m’occupe. Comme nous vivons en colocation, nous pouvons tout nous montrer et tout écouter très facilement. Le fait que nous ayons chacun notre domaine est intéressant. C’est important d’être libre dans ce que nous faisons et ça nous apprécions beaucoup ! Moi, je suis très attaché au travail du rythme et à la recherche de sonorités alors que Juliette est branchée sur tout ce qui est mélodique. Par contre, ce qui nous limite quelquefois, c’est notre trop plein d’imagination ! Or, il faut garder un côté touchant et il est vrai que parfois nous avons tendance à en mettre de trop alors qu’en revenant à l’essentiel, le morceau tient tout seul avec juste un piano-voix.

Les textes parlent beaucoup de ce que je suis, de ce qui compte pour moi me confie Juliette. Par exemple, depuis toujours, le féminisme est une part de moi, et la chanson Nuit parle du mouvement des femmes dans les années 70 tant aux USA qu’en Belgique. Ces femmes qui marchaient la nuit pour se réapproprier l’espace public. Mais l’important pour moi, c’est que les gens puissent s’approprier les paroles. Comme elles sont assez poétiques et imagées, ils peuvent mettre d’autres significations derrière. Par ailleurs, pour mes compositions, je pars toujours de la mélodie… C’est elle qui crée les paroles, il faut qu’elle m’emporte et après les paroles suivront !

Mais revenons à cette résidence. Nous l’avons gagnée au concours Du F. dans le texte où Christophe Loyen, le directeur du Centre Culturel de Chênée nous a choisis et offert ce précieux cadeau. C’est une aubaine pour nous de pouvoir travailler l’aspect technique dans des conditions de scène. Comme nous utilisons beaucoup de machines en concert, il y a tout un travail en amont à réaliser avec notre ingénieur du son. Durant ces trois jours, nous allons équilibrer les différents sons issus du piano, de la guitare, des voix, des machines, de la batterie, intégrer les séquences sonores de nos derniers morceaux et tester le nouveau matériel adapté à différentes configurations, salles ou festivals. Lorsque nous sortirons de la résidence, nous espérons que tous nos réglages seront optimaux et ainsi, où que nous jouions, nous n’aurons plus que de légères modifications à apporter en fonction du lieu !

Au final, le projet est très récent et Ça balance, c’est vraiment un coup d’accélérateur qui nous a permis de construire un réseau beaucoup plus rapidement que si nous n’avions pas intégré ce dispositif. Tout comme cette résidence qui nous accorde trois jours de travail pour développer notre projet. Que du bonheur !

Voilà, une belle rencontre qui ne restera certainement pas sans suite… Envie d’en savoir plus rendez-vous sur leur page Facebook https://www.facebook.com/rivemusique/ ou https://www.instagram.com/rivemusique/.

 

© Emilie Cronet

© Pablo Kharroubi

 

& UN AVANT-GOÛT DU TRAVAIL DE RIVE !