ÇA BALANCE AU FIL DES MOIS… LORD AND HARDY, LE DUO DE L’IMPROBABLE !

Chronique : Cécile Botton / Photographies © Lord and Hardy

Comme chaque mois, Quatremille vous propose de découvrir un artiste ou une activité liés à ce projet. En ce mois de février, nous avons choisi Lord and Hardy qui vient tout juste de démarrer l’aventure. Novices dans Ça Balance, mais déjà pas mal de bouteille… la vidéo de leur premier single Love est sur le point de sortir !

Une fois n’est pas coutume, c’est l’oreille vierge de toute sonorité que je suis partie à la rencontre de Grégoire Gerstmans, allias Hardy. J’avais décidé de ne rien écouter auparavant afin de me plonger sans a priori dans leur univers. Une expérience intéressante qui a mis tous mes sens en éveil lors d’un tête-à-tête avec un artiste au parcours peu ordinaire !

Je ne peux m’empêcher de vous confier son histoire : « Je m’appelle Grégoire et je suis issu d’une famille qui est musicienne depuis trois générations. Mon grand-père est arrivé à Hannut juste avant la guerre et y a fondé l’académie de musique. Au départ, il était le seul professeur. Actuellement, l’école compte plus de mille élèves toutes disciplines confondues. Parmi ses trois fils, deux jouent à l’Orchestre Philarmonique Royal de Liège. Et puis, viennent ses petits-enfants, mes cousins, des jazzmen et moi, le poussin noir qui a été viré de l’académie. Sans diplôme, j’ai revendu la batterie sur laquelle j’avais étudié et je me suis mis à la guitare et au piano. Finalement, je suis un autodidacte qui aime les défis.  En fait, je travaille à l’instinct et j’éprouve un besoin constant de découvrir et d’apprendre de nouvelles choses. D’ailleurs, j’espère ne jamais me lever le matin en me disant : « ça y est, j’y suis ! » car pour moi, il n’y a pas d’ultime arrivée. Chaque jour m’apporte un nouveau challenge. J’ai également la chance d’avoir une formation en arts plastiques, ce qui me permet de gérer mes sites internet, mes logos, de générer de l’image, de réaliser mes clips vidéo, … Je peux ainsi tout concevoir et ça j’adore !

Mais venons-en à Lord and Hardy. C’est une rencontre complètement folle qui remonte à quatre ans. Un jour, que je sortais de mon studio, je suis tombé nez à nez avec Max (Maxime Finamore). Là, un arrêt sur image que nous ne sommes pas prêts d’oublier ! Lui, tout frêle, et moi qui en impose avec mes 120 kg ! Nous échangeons quelques mots et après 3 secondes et demie, nous découvrons que nous sommes tous les deux musiciens. J’avoue qu’au début, je ne le prenais pas trop au sérieux parce qu’il dégageait une énergie très particulière. Pourtant le lendemain, je jouais du piano chez lui pendant qu’il rappait et faisait du beatbox. C’est ainsi que notre premier morceau est né ! Ensuite, lors d’un concert guitare solo au Schamrock, je l’ai appelé et il est venu. Nous étions tous les deux reliés à la loopstation et nous avons improvisé. C’est à ce moment-là que je lui ai proposé un nom pour le groupe : Lord and Hardy. Il a rigolé, mais ce n’est qu’une semaine plus tard qu’il m’a sonné pour me dire : « Mais c’est génial, je ne connaissais pas Laurel et Hardy. » (… rire). J’ai trouvé ça excellent. Nous avons donc gardé ce nom renforçant cette dualité qui est vraiment notre marque de fabrique. Elle n’est pas seulement physique, elle touche aussi notre travail car nous ne fonctionnons pas du tout de la même façon. Nous sommes très complémentaires. Max, une dizaine d’années plus jeune, amène toute la fraicheur de la musique actuelle. Il écoute énormément de techno, de house et puis, il est très drôle avec son petit micro et sa pédale loop. En fait, nous travaillons exactement de la même façon mais avec des outils différents. Lui, c’est la voix et tout l’aspect sonore qu’elle peut apporter, alors que moi c’est plutôt la guitare et tous les sons qui peuvent en sortir. Cela nous rallie très fort ! Au fil du temps, nous sommes devenus de vrais amis.

Cette dualité est également présente dans notre univers de composition et nous tiraille entre le hip-hop old-school et le hip-hop de demain. Nous voulons vraiment rester ouverts à tout ce qui se fait aujourd’hui. D’ailleurs, j’écoute énormément de musique même celle que je n’aime pas. J’ai toujours eu l’intention d’étayer mes gouts et de sortir de ma zone de confort. Alors je dirais que musicalement, notre groupe, c’est une synthèse de pas mal d’influences dont le hip-hop moderne et le old-school.

Parfois, cette dualité est un peu compliquée à vivre ! Par exemple, Max nous a inscrits à Ça Balance sans me prévenir. De son propre chef, il a envoyé trois de nos morceaux. Nous avons gagné le concours électro alors que nous venions tout juste de signer avec un agent. Heureusement, Christophe Waeytens est très ouvert. D’ailleurs, nous avons beaucoup de chance car aussi bien Ça Balance que Granvia  nous soutiennent. Mais quelle audace de nous inscrire sans m’en informer !

Cependant, Lord and Hardy, ce n’est pas juste un groupe de musique, c’est également tout un concept qui ouvre différentes portes. C’est vraiment une belle histoire qui démarre dans une fusion d’artistes ! Tout d’abord, c’est incroyable d’être épaulé par un gars comme Christophe Waeytens qui a, entre autres, lancé Deus, Sharko, … et qui est derrière Jeronimo, Thérapie Taxi, … Ensuite, il y a l’artiste liégeoise Saskia Heijn qui dessine mon costume de scène, une chemise ultra grande pour renforcer cette dualité. Mon identité visuelle, c’est le léopard, une grosse bête et puis Max, c’est le p’tit rappeur avec sa p’tite casquette… le p’tit nerveux et l’espèce de gros ours. Il y a aussi David Taillebuis, chef opérateur et vidéaste bruxellois qui va générer toute l’image de notre vidéo, Barbara Salomé Felgnenhauer photographe hutoise qui a réalisé notre photo de presse et Allison Irskens, une make up super ! Sans oublier Julien Toussaint qui a réalisé notre logo ainsi que Rachel Jans directrice du Centre Culturel de Marchin qui nous a accueillis en résidence. C’est là que nous avons composé LOVE. J’en profite également pour remercier tout particulièrement Charlette Louis sans qui la vidéo de ce titre n’aurait pu voir le jour ! C’est une grande chance pour nous d’être entourés de toutes ces personnes qui nous aident à évoluer et à renforcer notre identité liée à cette dualité.

Enfin, je ne laisse rien au hasard ! D’ailleurs pour le clip de notre premier single, j’ai travaillé dans cet esprit-là. Tout avait été pensé avant. La vidéo qui s’appelle LOVE sortira dans le courant du mois de mars. Il s’agit d’un gros slow avec énormément de pop… marrant comme choix pour un groupe de rap assez agressif. Encore un pan de notre identité duelle ! Pour le tournage, nous avons eu l’opportunité de disposer de la caserne Fonck. Au niveau du matériel, nous avons été très gâtés. Un camion est spécialement venu de Bruxelles avec une équipe de fous qui nous a permis d’avoir une image de grande qualité ! Pouvoir peu à peu tout maitriser, c’est un rêve que je réalise tout doucement. En effet, pour construire un projet en tant qu’artistes, nous devons maitriser nos outils. Ça, c’est vraiment une chose que j’aimerais faire passer. Selon moi, le hasard n’existe pas, tout doit être construit. Même si le talent est important, il n’est pas suffisant pour réussir ! »

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