ÇA BALANCE CÔTÉ PILE, ÇA BALANCE CÔTÉ FACE…

ENTRE DECOUVERTES ET FRUSTRATIONS, MON COEUR BALANCE

Chronique : Cécile Botton / Photographies : Emilie Cronet

 

Ce vendredi 1er décembre, sur le coup de 19 heures trente, je me suis rendue à la Caserne Fonck pour le concert du 15ème anniversaire de Ça Balance. Affichant sold out, pas moins de 1 200 personnes sont attendues. Dans les Écuries, la réception réservée aux professionnels du spectacle bat son plein. Après quelques salutations, je m’éclipse vers les coulisses afin de prendre la température et d’entrouvrir le côté pile de Ça Balance.

Happée par le calme, j’en profite pour échanger quelques mots avec RIVE, La Cécité des Amoureux ou encore les R’tardataires. C’est dans une sérénité apparente que les artistes patientent. J’en profite pour rencontrer Jamil Bahri, le metteur en scène, qui s’affaire sur les dernières mises au point. Rendez-vous pris, nous nous retrouverons à la fin du spectacle. La pression monte, c’est l’heure de rejoindre la salle, le rideau va se lever dans quelques minutes.

Côté face, une salle déjà bien remplie, une scène partagée en deux permettant aux artistes de se succéder alternativement, du mapping sur un écran en forme de cadeau, le tout pour un menu très hétéroclite où musique du monde, hip-hop, électro, pop-rock et chanson française se partageront la mise. Seul bémol, de petits problèmes techniques ont quelque peu entravé le bon déroulement du spectacle. Chapeau bas aux artistes d’y avoir fait face !

Trois chansons pour convaincre et entrer dans l’ambiance d’un groupe, c’est très court. Néanmoins, de belles découvertes ! Sitardust à revoir dans un lieu intimiste afin de savourer leurs harmonies aux sonorités subtiles et originales. La Cécité des Amoureux dont l’univers particulier m’a transportée en un temps record. Sans guitare, ni batterie, la prestation totalement improvisée de RIVE m’a convaincue, alors toutes mes félicitations pour cette prouesse !

Sans oublier ceux que j’avais déjà vus. Céléna Sophia gagnent en assurance. Le dynamisme des Faon Faon et leurs harmonies vocales sans égales ! Chez OLVO vs Dictam, un grand partage avec un public déjà acquis ! Quant aux R’tardataires, comme à leur habitude, ils enflamment littéralement le public. Par ailleurs, ils profitent de cet entrain collectif pour appeler tous les groupes à les rejoindre sur scène pour un jump général au Natural. C’est sur ce déchainement total que le rideau de cette quinzième édition se referme.

Le concert terminé, je rejoins un Jamil relâché qui me confie l’histoire qui le lie à Ça Balance et aux artistes qu’il a suivis depuis une quinzaine d’années : « Au départ, j’ai été sollicité pour travailler la mise en scène. Au début, j’ai tâtonné pour arriver à créer et développer les cessions résidentielles où j’ai ciblé les points les plus importants liés au travail scénique. À travers tous les groupes, cette aventure m’a emmené dans les moindres recoins de la prestation musicale que ce soit lors des préparations de showcases, de sorties d’albums, de concours, de festivals ou encore de vrais concerts. Nous formons une pseudo-famille et ce quelque soit le niveau des musiciens. D’ailleurs, lorsqu’ils sont tous descendus de scène ce soir, il y avait quelque chose de commun, assez imperceptible. De fait, dans cette aventure, les enjeux sont les mêmes pour tous, ils ont tous envie de raconter leur histoire et d’être écoutés. Imaginer une mise en scène qui met en valeur Ça Balance ainsi que tous les groupes, techniquement, c’est hyper complexe. Une fois les artistes choisis, j’ai réfléchi à la manière de raconter une histoire avec ces artistes-là en filigrane, à l’agencement des scènes. Je ne voulais pas de « blabla ». Du reste, les interventions de Manu Champagne furent réduites au minimum. Tout doit être prévu. C’est aussi une manière de faire découvrir aux musiciens l’importance de préparer leurs interventions, de les écrire car c’est une responsabilité, un devoir de respect vis-à-vis du public. Surtout qu’ils disposent du réel privilège de pouvoir raconter ce qu’ils veulent ! Ma plus grande fierté, c’est de constater leur progrès et leur professionnalisme. Ils ne font plus ça en dilettante, ils ont développé une certaine rigueur dans leur travail. Mon plus grand défi : « Comment agencer des styles aussi divers ? ». J’ai repensé à mes cours de musique où il y avait un truc génial, la fausse note. Quand on en tape une, en fait elle n’est pas fausse, elle est juste très différente, elle déclenche une réaction… C’est pareil ici, je me suis dit qu’il fallait absolument provoquer le public en créant des virages émotionnels entre la chanson française et la musique indienne ou entre le « truc hyper folk-pop » et les « hip-hoppers » qui font déménager avec un son très présent. Il fallait réfléchir à la mise en abyme d’un public complètement pluriel dont la curiosité serait titillée à chaque proposition. La mise en scène doit provoquer un échange entre l’artiste, ce qu’il propose et le public. C’est une espèce de va-et-vient entre ces trois pôles. Une émulation de tout cela qui fait qu’à un moment donné le public s’y reconnait. Même s’il regarde d’autres artistes d’un genre totalement différent, cette émulation mettra en évidence une espèce de petite chose très ténue, l’appartenance à la même famille. »  

Les confidences de Jamil me permettent d’y voir plus clair. Alors entre découvertes et frustrations, mon cœur a choisi ! Promouvoir des groupes émergents, n’est-ce pas le but premier de Ça Balance …   Alors si comme moi, vous avez un goût de trop peu, il n’y a plus qu’à scruter l’agenda de Quatremille et je suis sûre que nous y retrouverons pas mal de groupes découverts ce soir !

 

QUELQUES IMAGES © EMILIE CRONET

 

 

 

 

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