BIENNALE DE L’IMAGE POSSIBLE, UNE BALADE AU CŒUR DES GALERIES LIÉGEOISES

Chronique : Anaïse Lafontaine / Rédaction : Cécile Botton / Photographies © voir légendes

Du 17 février au 1er avril, Liège accueillait la Biennale de l’Image Possible plus communément appelé BIP. Profitant de l’arrivée du printemps, je me suis baladée dans les galeries liégeoises participant à cette manifestation afin de découvrir les différentes expositions.

Anciennement appelée Biennale Internationale de la Photographie, à l’occasion de la 10ème édition, l’événement fait peau neuve et change de nom. Une manière de sensibiliser le public sur l’évolution de la photographie et de l’image dans l’art contemporain. Le BIP a pour habitude de présenter des artistes authentiques aux univers variés. Il veut également encourager les réflexions individuelles du public, ce qui peut être riche au vu des images et photographies exposées.

J’ai débuté mon périple au musée de La Boverie, pour aller voir Fluo Noir, la seule exposition payante. C’était aussi la plus large et la plus riche en diversité. D’ailleurs, le ticket nominatif nous permettait d’y revenir de manière illimitée. Nous pouvions y découvrir douze artistes aux influences et supports bien différents : installations, vidéographies, sculptures, collages, impressions,… Le tout dans un cadre magnifique qui comptait en son ventre de nombreux paradoxes suscitant énormément de questionnements. Les œuvres de chaque artiste étaient habilement mises en valeur par une scénographie épurée. De plus, un fil rouge, la destruction comme geste créateur, facilitait l’entrée dans ces univers bien différents. Je n’ai pas tout aimé. Certes, certains artistes m’ont plus touchée que d’autres. Cependant, ma réflexion est restée à vif durant toute ma visite. J’en suis sortie inspirée le cerveau en pleine ébullition.

J’ai continué mon tour en visitant la Galerie des Beaux-Arts qui accueillait le travail de João Costa Leal et de Charles-Henry Sommelette : Ni Ceci, Ni Cela. Cet excellent titre résume bien le côté surprenant de cette expo. Deux univers totalement opposés se côtoient sur les murs blancs des salles. D’un côté, les grands formats au fusain de Charles-Henry Sommelette représentent de manière très réaliste des morceaux de campagne ; un travail de patience et de précision. De l’autre, les œuvres poético-surréalistes de João Costa Leal se moquent gentiment des codes. Que ce soit une pomme sur un mur nous démontrant la lenteur du temps qui passe ou encore un tas de sel sur une table nommée « Paysage » ! Malgré l’opposition plastique des deux artistes, de nombreux points communs les relient quant à la temporalité ou l’instant.

Par la suite, un petit crochet s’imposait au cinéma Churchill où la minuscule Galerie Satellite accueillait Only Last Spring I Started Wearing Pink, de Nanó Wallenius. Depuis 2015, cette jeune photographe travaille sur la perception de la couleur rose dans notre société. Un sujet intéressant, mais qui je pense, n’a pas été exploité de manière très objective.

Puis, j’ai poursuivi ma route vers Les Brasseurs où se tenait l’exposition La Flamme Double. Le cadre particulier de l’endroit ne permettait pas une mise en valeur des différents artistes. Pour ma part, j’ai éprouvé un manque de clarté et d’explications par rapport à chacune des œuvres.

Ensuite, c’est à La Space Collection que j’ai trouvé la scénographie la plus audacieuse. Ce sont les pieds dans de la litière pour chat que j’ai pu découvrir Pussy qui avait décidé de mettre en valeur le félidé sous toutes ses formes. Envie d’en savoir plus, allez lire l’interview de Quatremille sur : https://quatremille.be/pussy-chats-de-lart-a-space-collection/.

Ma route s’est à nouveau arrêtée à la Galerie Les DrapiersSous L’image a mis en avant deux artistes aux styles bien différents. Tous deux prennent le parti de retravailler leurs photos. Pour Jean-Pierre Ransonnet, il s’agit de les taguer d’écritures. Quant à Léa Belooussovitch, elle détourne et reprend des fragments de photographies pour en changer la perception.

Enfin, j’ai clos ce périple au Centre Culturel Les Chiroux où j’ai visité Ultra Normal, une expo aussi dense que variée qui présentait de jeunes photographes. Ceux-ci sont issus des plus grandes écoles de photographie belges et proposent des démarches très différentes. Pas de doute, la relève est assurée ! J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la réflexion personnelle et l’intelligence se cachant derrière chaque œuvre.

Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de me rendre à La Châtaigneraie pour voir L’Image Adolescente. Il faut dire que même si l’événement dure un mois et demi, les œuvres présentées sont tellement abondantes et hétéroclites que j’ai pris le temps d’analyser chacune d’entres elles. J’ai eu de nombreux coups de cœur, que ce soit au niveau de la démarche de certains artistes ou de l’esthétique.

Le BIP étant terminé, si certains artistes vous attirent, n’hésitez pas à vous rendre sur leur site : https://www.bip-liege.org/fr/expositions. Autrement, il faudra attendre deux ans pour découvrir la prochaine édition. Le temps qu’une biennale s’écoule afin de mettre à nouveau l’accent sur l’évolution de l’image et de la photographie.

 

© Amandine Jaunet

©  Laetitia Bica

© Laetitia Bica

© Gabrielle Gobeaud Bianco

© Viviane Sassen

© Guilherme Gerais

© Guilherme Gerais

© Guilherme Gerais

 

© Guilherme Gerais