LE MONDE IMAGINAIRE DE BENOIT LIZEN

Photographies © Charline Joris – MJ Récollets
Interview & Chronique > Amélie Jacques-Houssa
Rédaction > Vincent Abieri & Elena Diouf

 

 

 

Il y a peu Quatremille s’est rendu au concert de Benoît Lizen organisé par la MJ des Récollets. On vous livre notre compte-rendu ainsi qu’une interview de l’artiste.

 

 

 

LA CHRONIQUE D’AMÉLIE JACQUES-HOUSSA

 

 

 

La nuque chauffée par le soleil, le ronronnement de l’eau, un homme et son instrument, aucun artifice, aucune fioriture, voici peut-être la combinaison d’un moment parfait.

C’est le long de la Vesdre que Benoît Lizen nous propose de découvrir le répertoire de son LP Naomka, dans une ambiance bohème et intimiste. Dès les premières notes, l’artiste embarque son public dans un monde onirique, porté par la douceur de sa voix et de ses mélodies qui semblent venir d’ailleurs. Quasiment hypnotiques, ses balades charment quiconque, y compris les badauds qui prennent quelques instants pour se délecter du spectacle.

Entre chaque chanson, Benoît Lizen plaisante avec ses auditeurs, notamment sur ses soucis d’instruments mal accordés. Sa simplicité touche. Certains n’hésitent pas à prendre la parole, réclamant un morceau supplémentaire.

La conclusion se fera par l’interprétation d’Ano Gwelena, uniquement accompagnée d’une boîte à musique, le temps s’arrête et le silence règne, personne n’osant briser ce moment par des applaudissements.

Après ce (trop) court concert bouclé en moins d’une heure, le public saisit l’opportunité d’adresser quelques compliments au chanteur, décidément ravi d’avoir partagé son univers avec nous. Quatremille en a profité pour lui poser quelques questions.

 

 

 

L’INTERVIEW

 

 

 

Quatremille : Quelle est ta punchline?

Benoît Lizen : “L’éternité c’est vraiment long, surtout vers la fin”, c’est une phrase de Woody Allen.

Quatremille: Pourrais-tu nous définir ton projet artistique (Influences/activités/objectifs)?

Benoît Lizen: L’objectif avant tout, c’est de m’amuser, d’avoir des frissons. Mes influences, c’est principalement le blues d’avant-guerre, je suis un grand fan! Il y a aussi le folk, de tout acabit, et les projets de musiques plus artisanales, où le son n’est pas forcément aseptisé.

Quatremille: Tu as choisi de chanter dans une langue imaginaire. Peux-tu nous expliquer ce choix? Par ailleurs, cette langue nouvelle te vient-elle instinctivement ou est-elle construite avec minutie?

Benoît Lizen: Quand j’étais gamin, j’écoutais pas mal de musique anglophone, mais je n’y comprenais pas un traître mot, donc je me construisais mes petites histoires, tout un monde imaginaire. Quand j’ai commencé à apprendre l’anglais, et que j’ai compris le sens des paroles de chansons, toutes les petites histoires se sont effondrées, et je les aimais quand même bien [rires]. Donc c’est un peu comme ça que m’est venue l’idée de proposer au gens plus des émotions, plus de la musique, et les laisser construire leurs histoires.

Quatremille: Et ces chansons ont-elles un sens précis pour toi?

Benoît Lizen: Au départ, non, mais au final oui. Je me suis fait un petit lexique. Mais on ne peut quand même pas parler de “langue”, ça serait super prétentieux. Mais oui il y a un sens, que je ne communique pas nécessairement. Au final, l’intérêt de chanter dans un langage imaginaire, c’est de pouvoir proposer et choisir des sonorités. Quelque part, je trouve ça cool que l’auditeur écoute juste la musique et se fasse son histoire.

Quatremille: Tu as réalisé une tournée de concerts en appartement l’été passé. Que retires-tu de cette expérience? Comptes-tu la renouveler?

Benoît Lizen: Oui j’ai vraiment envie. Ce qui a de chouette quand tu fais des concerts en appartement, c’est que tous les soirs je me retrouvais dans une nouvelle bande de potes. Je n’ai eu que de bonnes expériences. C’était toujours des catégories de personnes très éclectiques. Tu n’as pas le même rapport quand tu es sur une scène, là tu te retrouves chez les gens et ils t’accueillent chez eux ou chez leurs potes. Donc c’est toi l’invité et pas l’inverse. Ce que j’aime beaucoup aussi, c’est que les concerts ne sont pas amplifiés. Il n’y a pas d’ingé son qui essaie de refaire ou de mimer le son que je propose.

Quatremille: Musicalement parlant, quel est ton plus grand rêve?

Benoît Lizen: Il y a des artistes que j’aime beaucoup, mais la plupart sont morts [rires]. Mais ce n’est pas nécessairement pour ça que j’aimerais collaborer avec eux, je serai même super intimidé de devoir le faire, ça me foutrait trop les jetons! J’ai plus en tête de collaborer avec d’autres musiciens pour la suite. Généralement quand il y a des artistes que j’aime bien, je les aime bien pour ce qu’ils font, et je ne veux pas spécialement aller foutre ma patte dedans. En fait, mes ambitions ne sont pas démesurées. Je n’ai pas forcément envie de faire de grandes salles. J’ai surtout envie de continuer à faire de la musique pour de bonnes raisons.

Quatremille: Quel rôle Liège a-t-elle joué dans la construction de ton projet (tremplins/freins)?

Benoît Lizen: C’était à Liège que j’ai fait la plupart de mes premiers concerts avec des collectifs comme Honest House ou Jaune Orange. A Liège, il y a une grande place pour la culture alternative. Et clairement, c’est quelque chose qui m’a aidé. Sur le plan culturel, Liège est une chouette ville. Il y a plein de gens qui se bougent, sans forcément d’intérêt lucratif, ils proposent des trucs qui sont de super bonne qualité.

Quatremille: Quelles sont tes actualités à venir?

Benoît Lizen: Pour le moment je suis dans une phase où je me consacre à un autre projet, je ne fais plus trop de concert mais quand je n’en fais plus, ça me manque aussi. C’est plutôt calme donc, il faut plus se consacrer à l’écriture.

Quatremille: Liège en une chanson ?

Benoît Lizen: Je trouve que le morceau “La Météo” du groupe Coyote sonne liégeois.

 

 

Quelques photos et un peu de musique pour se replonger dans l’ambiance:

 

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