BÄRLIN: FIÈVRE ROMANTIQUE

Photographies © Thomy Keat
Chronique > Philippe Belligoi

 

 

 

 

 

Il y a peu, Quatremille s’est rendu à L’An Vert pour assister au concert de Bärlin! Voici notre compte-rendu!

 

 

 

 

 

LA CHRONIQUE DE PHILIPPE BELLIGOI

 

 

 

 

 

Ce soir-là, dans le cadre fort approprié de L’An Vert, le trio lillois Bärlin nous invitait à une déambulation nocturne à travers les rues de la ville du même nom (à une lettre près mais identique phonétiquement), je veux parler bien évidemment de la capitale allemande.

Nourri d’un imaginaire aussi bien puisé dans l’histoire de la ville mythique et ses cabarets glauques que dans les fantasmes cinématographiques de Wim Wenders ou la musique de Nick Cave (jadis établi là-bas), Bärlin propose une sorte de « low-rock alternatif », quelque part entre le post-rock et le jazz. La batterie et la basse s’acoquinent avec une clarinette du plus bel effet en lieu et place de la traditionnelle guitare pour un résultat classieux et aéré.

Un romantisme fiévreux habite les compositions du groupe et enflamme carrément son charismatique chanteur dans des élans lyriques qui rappellent David Sylvian ou en cherchant un peu plus loin Simon Huw Jones (And Also The Trees). Celui-ci fait littéralement vivre les morceaux sur les planches par un jeu de scène expressif qui éloigne définitivement ce concert d’une prestation qu’on aurait pu craindre trop arty et feutrée. En effet si les climats sont bien installés et très envoûtants, on sent également l’énergie et la tension qui se dégagent de l’ensemble et on est content de pouvoir rester debout pour en profiter pleinement.

Outre les références vocales citées précédemment, on songe aussi et peut-être en premier lieu à Tuxedomoon, cette formation culte d’exilés de San Francisco ayant parcouru l’Europe pour y résider d’ailleurs un moment, et dont la sensibilité et l’inspiration semblent avoir été marquées par certaines villes du vieux continent.

Néanmoins, ici, il n’est pas question d’électronique, hormis les pédales d’effets utilisées principalement sur la basse – et peut-être un peu sur la voix aussi – aux lignes tantôt sinueuses, tantôt plus régulières voire même nerveuses. Ces pédales sont assez souvent utilisées pour leur capacité à boucler et superposer différentes parties jouées (comme tout looper qui se respecte en somme) afin d’enrichir l’instrumentation. Ce qui permet au trio de laisser respirer les compos les plus dépouillées aux côtés d’autres plus denses, donnant à leur set un équilibre idéal.

Un set d’ailleurs très apprécié et applaudi par un public qui redemandera avec insistance un rappel auquel les musiciens se plieront bien volontiers, aussi satisfaits de la soirée que les spectateurs ont pu l’être. Vielen danken Bärlin !

 

 

 

 

 

Un peu de musique pour se remettre dans l’ambiance!

 

 

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