BAM FESTIVAL #3 – ARTS NUMERIQUES

{ Chronique de l’événement }
Photographies © Géraldine Thiriart
Rédaction > Arthur Perini, membre du Collectif Ascidiacea

 

 

Le weekend dernier, Quatremille s’est baladé, questionné et émerveillé au BAM Festival (Caserne Fonck) et vous ramène son compte rendu! Pour cette chronique, nous avons fait appel au regard averti d’Arthur Perini, membre du collectif Ascidiacea* (Paris-Liège). Une interview des fondateurs et organisateurs du BAM – Mike Latona et Ronald Dagonnier – suivra dans les jours à venir: restez connectés!

 

 

LA CHRONIQUE D’ARTHUR PERINI – MEMBRE D’ASCIDIACEA* :

 

 

 

« Envoûtements numériques et hypnose digitale.

Pendant trois jours et trois nuits se déroulait, sous les voûtes de la caserne Fonck à Liège, la troisième édition du BAM Festival, programmation internationale dédiée aux arts numériques. Nous nous sommes glissés, pour vous, des coulisses du festival aux parterres enflammés des soirées musicales qui animèrent l’Outremeuse face aux premiers pas de l’hiver. Un retour personnel sur ce rendez-vous désormais assuré du calendrier liégeois.

Dans une formule aussi souple et plurielle que pointue, l’équipe du BAM nous présente une réunion d’artistes venus de tous les horizons. Diversité (inter-)nationale avec des artistes venus des quatre coins du plat pays mais aussi du monde entier (4 continents représentés), diversité des formes d’exposition et des techniques déployées avec des installations et performances révélant l’incroyable plasticité du numérique ainsi que sa puissance artistique et, finalement,  diversité esthétique en faisant cohabiter, dans un festival rassembleur, des univers expressifs et sensationnels percutants.

Le dispositif est rodé. L’organisation a le luxe de la bonne humeur et le temps de partager les effusions sensibles de sa programmation avec son public. Pour les premiers jours, plusieurs médiateurs-bénévoles sillonnent les salles d’exposition, principalement dédiées aux arts visuels et graphiques, ils guident notre parcours et pimentent cette expérience hypnotique des savoirs partagés par ceux qui sont également souvent leurs professeurs, Mike Latona et Ronald Dagonnier (créateurs et programmateurs du festival). Dans l’interview particulière que nous avons menée avec eux, ils reviennent en détail sur leurs motivations à ce propos et l’influence de leurs multiples engagements dans la confection du BAM Festival!

Une programmation internationale offerte à un public majoritairement local, mais pas que… en trois jours et trois nuits, on en aura vu passer des accents et des styles. Ainsi, pour assister aux multiples performances prévues et découvrir les installations de pointures de la scène des arts numériques : on vient de Flandre, des cantons rédimés belges, de France et on se régale tous ensemble dans les espaces feutrés des écuries ou sous la sono ultraHD disposée aux quatre coins du manège. Le tout en levant le coude pour des sommes dérisoires à l’heure où certains organismes tentent à tout prix de maximiser leurs profits. Ici, c’est la rencontre qui prime sur les autres impératifs.

La scène liégeoise attire indubitablement ses communautés voisines. Avec des dizaines de prestations scéniques et de nombreux ateliers pédagogiques, les journées du BAM festival accueillent également un panel complet de générations de curieux. La programmation se veut accessible, les organisateurs manifestent une volonté explicite d’introduire à la cité ardente une approche variée et décomplexée face aux arts digitaux. Amateurs, professionnels, spécialistes et néophytes se croisent donc tous dans l’épicentre festif de la caserne, devenu pour un week-end, la plaque tournante wallonne des éclats numériques.

Surprises et lâcher-prise. Face aux aprioris culturels des différentes scènes artistiques, le BAM festival propose de désenclaver et de mélanger les disciplines. Refusant l’effet de ramollissement hédoniste des conventions, les styles et les techniques artistiques se frottent les unes aux autres durant trois jours. On voit ainsi pour la soirée d’inauguration (20/10) le Conservatoire Royal de Musique de Liège aux prises avec les compositions envoûtantes et minimalistes de Steve Reich, couvert des lumières solaires du collectif NOHLab et de ses compositions visuelles interactives. Le sonore pénètre le visuel, la danse se fait aussi festivalière que contemporaine, les installations partagent l’espace des performances lives.

Le jour suivant (21/10) c’est à une plongée dans l’espace-temps nébuleux du duo d’expérimentalistes Boris Chimp 504 que le BAM nous convie. Au frétillement du crépuscule, on entendait l’écho mordant de la nuit s’annoncer dans les poumons d’une caserne transformée pendant une heure de live en caverne aux esprits de l’électronique. Dès le deuxième soir du festival donc, une programmation principalement marquée par l’empreinte du mouvement Techno amorcée par le duo, mais là aussi des surprises étaient prévues pour les festivaliers. La nuit nous enchaîne à sa frénésie, le pas est donné par le ballet mécano-techno de Sonic Robots composant en live au milieu d’une sorte d’armée de micro-bras robotisés répartis comme pour former un arbre de noël du circuit-bending automatique et rappeler l’origine bricoleuse des instruments électroniques. S’en suit la performance hyper-percussive du duo Takami Nakamoto & Sebastien Benoits, distribuant frappes sonores et éclairs de lumière face à un public qui s’échauffe et avance collectivement dans la nuit. Le reste de cette première nocturne fut comme une grande messe Techno, conviant son cortège de sorciers musiciens savamment réunis par le NoName Festival. Une puissance magique émanait de cet espace de transe musicale pris sous les feux des installations visuelles de Minuit Une. La nocturne suivante (22/10) fut tout aussi tantrique, poursuivant l’énergie des jours précédents, la sélection concoctée par les amis de La Liesse fit tourner plus d’une tête, dont les nôtres à Quatremille. Deux nuits de programmation musicale dans un espace global – le BAM festival – qui respecte au plus proche la singularité de ses collaborateurs et s’arrange pour présenter un ensemble dense de rencontres, sans que celles-ci ne se fassent concurrence entre-elles. Dispositif rodé on vous dit ! »

 

* LE COLLECTIF ASCIDIACEA

 

Le Collectif Ascidiacea, formation franco-belge, imagine et conçoit des dispositifs interactifs et immersifs, à la fois ludiques et esthétiques. Au croisement des arts sonores et numériques, leurs installations tentent d’exposer la plasticité de l’écoute et de faire émerger, depuis les situations de rencontres avec le public, de nouvelles directions poétiques de leur présence physique et technologique en commun. La Collectif Ascidiacea participe également à la création de réseaux de diffusion des savoirs dans les disciplines des sciences humaines et sociales en ouvrant leurs perspectives au plus grand nombre, par une volonté d’innover, de critiquer et d’échanger nos connaissances individuelles, de partager les ressources de nos imaginaires collectifs.

Facebook : https://www.facebook.com/CollectifAscidiacea/
Mail : collectif.ascidiacea@gmail.com

 

 

Quelques photographies pour se remettre dans l’ambiance du BAM!

 

 

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A l’année prochaine!