ASSASSIN / 25 ANS DES JNCKINGZ

{ Chronique de l’événement }
Photographies © Marie-Valentine Gillard
Rédaction > Nader Mansour

 

Quatremille est allé voir le concert d’Assassin (+ Kab et Lipass et Les 2 Fils de P*te), dans le cadre des 25 ans des JNCkingz et vous propose son compte rendu!

 

LA CHRONIQUE DE NADER MANSOUR :

 

Au Reflektor, Assassin nous a livré un show d’anthologie, nerveux, intense. Tout y était : présence scénique, souffle, endurance. Rockin’Squat est bien là et met le feu à un public liégeois en furie. Les textes résonnent, les classiques s’enchainent et le message d’Assassin semble plus actuel que jamais.

Extrait de Shoota Babylon, le quatrième EP du groupe de rap Assassin (sorti en1996) :
« On ne me ment plus, l’africain est mon frère.
 Le musulman, le juif, je respecte leurs prières.
 Individuellement, le choix de chacun est propre à lui-même. 
Vu de l’espace, l’Histoire de la Terre est pour tout le monde
 la même.
 Mais si on se rapproche, on voit qu’une Porsche
 motive plus d’amour qu’une mère qui nourrit ses gosses. 
C’est fou de voir tous ces gens attirés par l’argent,
 comme le requin attiré par le sang.
 Je suis né et je vis à Babylone,
 là où les enfants tuent, « dealent » et volent.
 Alors, accrochez-vous, car maintenant nous shootons Babylone!
 Quand on parle de Babylone, on la prend comme symbole
 pour illustrer le monopole qu’exercent les structures
 dirigeantes en métropole
, à l’égard des minorités qui forment une majorité sur le 
globe.
 L’ennemi de ce système s’adresse,
 à tous les gens qui ont encore l’espoir que ces horreurs
 cessent.
 Babylone et moi, 
nous ne « dealons » pas ensemble. La décadence, je n’aime pas.
 L’oligarchie est présente dans les rues de Ripas. 
Le futur dépend de notre action présente, ne l’oublie pas!
 Si tu restes statique, si tu ne t’occupes pas de politique.
 La politique s’occupe de toi.
 Si tu t’en occupes trop, gare aux chiens de garde de 
l’État. 
La pression constante d’évoluer en terrain inhospitalier
 fais monter la parano, monte le débat à un autre niveau.
 Ça y est, le flot de mes mots résonne … Smoka Babylone! »

On dit que « le temps révèle toute chose ». Ici, le temps nous révèle la dimension universelle et intemporelle de la poésie d’Assassin.
Merci aux Jnckingz pour l’invitation et au Reflektor pour leur accueil chaleureux.

 

L’INTERVIEW D’ASSASSIN PAR NADER MANSOUR :

 

Nader : « Ton impression à propos de Liège? Comment nous décrirais-tu ton expérience ? »

Assassin : « Je suis très content d’être là ! Déjà, parce que les gens qui organisent ce festival sont des gens que j’aime beaucoup. En plus, ils sont complètement légitimes (sic) et c’est pour ça qu’ils font ce qu’ils font, parce qu’ils savent de quoi ils parlent. Je suis content d’être là et de jouer pour mon public. Malheureusement, comme il n’y a qu’un endroit où on peut jouer à Liège, on vient pas souvent… Ça faisait longtemps qu’on était plus venus, et t’as vu : on a mis le feu quand même (rires)! »

Nader : « Oui, oui! C’est vrai, c’était terrible ! Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas autant sauté sur place à un concert ! »

Assassin : « (Rires) Merci ! Super, super ! Tu sais la musique parle d’elle-même. »

Nader : « On a lancé le magazine Quatremille notamment parce qu’on trouve qu’il y a un manque de visibilité pour les artistes, ici, et on croit également que l’art et la culture peuvent être une identité qu’on se crée. Est-ce que tu partages cette vision ? »

Assassin : « J’ai fait un morceau qui s’appelle Peur d’une race, dans lequel je parle du fait qu’on est tous des êtres humains avant d’être une couleur. Ça résume la même idée. J’ai toujours voulu placer mon rap de façon universelle parce que je pense que c’est bien de savoir qui tu es, mais ce n’est qu’un départ pour savoir qui tu es vraiment. Que tu sois palestinien, syrien, français ou autre : peu importe ce que tu te donnes comme identité, c’est un départ pour aller vers l’universalité. »

Nader : « Le futur d’assassin… Tu le vois comment ? »

Assassin : « Le futur d’Assassin c’est surtout le présent, moi je vis l’instant. C’est une philosophie qui est importante au jour d’aujourd’hui : vivre l’instant. Il ne faut pas se projeter dans le futur, ni être prisonnier de son passé, mais être libre dans l’instant et, à l’instant où je te parle, je suis heureux (rire). »

Nader : « Moi aussi ! Merci beaucoup, t’as vraiment la classe ! »

 

QUELQUES PHOTOS POUR NOUS REPLONGER DANS L’AMBIANCE « ASSASSIN »

 

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