.612, LE NOUVEL ALBUM DE THAMEL

Chronique : Cécile Botton // Photos : Christophe Dehousse & Charlotte Lamby

A l’heure où concerts riment avec disparition, où les sorties d’albums sont devenues une denrée rare, le cœur de notre chroniqueuse Cécile Botton s’est arrêté sur .612, le dernier album de Thamel sorti ce vendredi 4 décembre. Petit arrêt sur un opus en parfaite symbiose avec le climat ambiant !

.612 - Thamel © Charlotte Lamby
.612 – Thamel © Charlotte Lamby

Ce vendredi-là, je n’ai qu’une envie… Découvrir le nouvel album de Thamel. Envoûtée de la première à la dernière note, ces huit pistes collent parfaitement à mon état d’esprit. Emplie de mélancolie, je me laisse porter par cette musique électro qui m’inspire. Les mots coulent, de nouveaux textes pointent le bout de leur nez. Il faut que j’en apprenne davantage sur l’origine de .612. Rendez-vous est alors pris avec Jérôme Mardaga. Une rencontre skype qui m’emmène aux pays des surprises ! 

Première surprise 

Cet album a été enregistré en mars 2019 soit un an avant le premier confinement. C’est bluffant tant il colle à l’ambiance actuelle ! « Quand je l’ai enregistré, je n’étais pas au mieux, je me sentais à des milliers de km de la vie. Heureusement, cette période a duré juste le temps de l’enregistrement » explique l’artiste. Habité par la mélancolie, Jérôme entre dans une période où il ressent le besoin de produire pour contrer ces jours sombres. Quatre heures par jour, il improvise avec un simple synthétiseur modulaire. Il crée des petites loops mélodiques qu’il met en boucle. Ensuite, il les processe d’où ce son un peu hivernal, délivrant une espèce de mélancolie glaciaire. « C’était vraiment très improvisé, il n’y avait pas l’excitation, l’enthousiasme qu’on peut ressentir lors de certains enregistrements. Ici je ressentais un sentiment d’isolation vraiment très fort et en permanence. » 

L'antre de composition de Jérôme Mardaga © Jérôme Mardaga
L’antre de composition de Jérôme Mardaga © Jérôme Mardaga

Vous avez dit musique modulaire ?

À l’occasion de la sortie de l’album, Caroline Poisson, vidéaste que nous avions rencontrée dans le cadre de Waves, a réalisé un documentaire montrant la face cachée de la musique modulaire… D’où sort cette musique ? D’où viennent ces sons ? « Je trouvais ça chouette de consacrer quelques minutes pour expliquer le processus de cet instrument et montrer la communauté artistique qui se cache derrière. » Rencontre avec un passionné passionnant !

Deuxième surprise 

.612, un clin d’œil au Petit Prince ? « Non pas du tout » lâche Jérôme. Il se trouve que l’artiste a un livre fétiche vers lequel il se tourne lorsqu’il n’est pas au mieux de sa forme. En effet, La nuit des temps de Barjavel l’aide à sortir ces états sombres. « Forcément, il y a certaines phrases qui faisaient écho à la musique que je composais et ça en est devenu les titres.  » Tous les titres de l’album sont tirés de La nuit des temps. Le titre .612 ne fait donc pas référence à l’astéroïde B612 de Saint-Exupéry, mais bien au « point 612 » de Barjavel, lieu-dit d’où sont détectées les ondes sonores qui viennent du dessous de la glace. «  C’est pour ça que j’ai intitulé l’album comme ça… c’est un processus, très introspectif » conclut l’artiste.

Troisième surprise 

Au départ, Jérôme n’est pas certain de produire un nouvel album avec ces enregistrements. Il se passe plusieurs mois avant qu’il ne fasse écouter ses compositions à sa compagne. « Charlotte m’a dit wouah, il faut absolument faire quelque chose, c’est le meilleur des trois. » La sortie prévue au début du premier confinement est reportée en fin d’année. « Malgré la situation, j’ai quand même décidé de le sortir maintenant… sinon ç’aurait été trop morose de tout arrêter à cause de la pandémie… je me suis dit tant pis, il y aura peu de sorties cette année, mais j’en ferai partie. »

Le mot de la fin…

Si comme moi, l’envie d’évasion vous prend, prenez la pochette de l’album en guise d’écran et branchez-vous sur .612, dépaysement et envolée garantis!


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