48FM S’ENVOLE AU SENEGAL

Photographies © Xavier Lozet
Interview > Céleste Kabanyana
Rédaction > Eugénie Baharloo

 

 

 

Depuis près de deux ans, le collectif Moha Soundsystem et la radio universitaire 48FM travaillent sur la conception et la concrétisation de « Côte FM ». Ce projet consiste à l’installation d’une radio, à visée communautaire, sur la Petite Côte, au Sénégal. Quatremille a rencontré 48FM et vous livre son compte-rendu!

 

 

 

Quatremille: « Décrivez ce projet en une seule punchline ? »

48FM: « Un projet enrichissant à tout point de vue. »

 

Quatremille: « Parlez nous un peu de 48 fm? »

48FM: « 48FM est une radio universitaire et associative Liégeoise. Elle compte une quarantaine d’émissions de tous styles réalisées par une centaine d’animateurs et techniciens bénévoles. Au niveau programmation, elle essaye de promouvoir des artistes émergents, locaux ou très peu diffusés dans les autres médias. C’est aussi une radio sans pub, subsidiée par l’Ulg et la FWB.
48FM c’est aussi un outil pour les étudiants en journalisme de l’Ulg, car ils viennent faire leurs exercices radio chez nous. Ils réalisent notamment les journaux quotidiens.
C’est aussi un magazine. 48Fm édite le magazine papier Kult. Comme la radio il se veut une alternative au mainstream et souhaite faire connaître des artistes et journalistes émergents.
48FM c’est enfin des concerts, un concours découverte, des expos, un art market, du coaching de groupes, la production de créations radio, des bisous stages pour enfants et un studio mobile. En effet, nous souhaitons aller à la rencontre de nos auditeurs. C’est pourquoi nous nous installons au cœur de festivals ou d’événements comme la fête de la musique. »

 

Quatremille: « Comment cette radio a été conçue ? »

48FM: « 48fm a été créée pour et par des étudiants, elle porte d’ailleurs le nom du bus 48. Au départ, elle ne diffuse que sur le web. Une fois sur les ondes, elle s’ouvre aux milieux associatifs encore très présents aujourd’hui : Maison du rock, Creahm, Philo cité. Aujourd’hui elle est également accessible à tout un chacun qu’il soit passionné de musique ou de radio, qu’il soit expérimenté ou non. »

 

Quatremille: « Comment l’initiative d’aller au Sénégal pour y construire une radio vous est-elle venue ? »

48FM: « L’idée vient au départ de Alain Sene, originaire du Sénégal et plus particulièrement de Nianing. Il diffuse tous les mercredis de 16 à 18h une émission consacrée à son pays, sa culture et sa musique.
Il s’agit de Moha Soundsystem, Alain en a parlé aux autres animateurs qui ont tout de suite été partants.
Si l’idée de départ était de créer un seul système, elle s’est très vite transformée et a donné naissance à une radio communautaire. On a travaillé pendant trois ans à faire des soirées, des événements pour trouver les moyens nécessaires. Des émissions comme Moha Soundsystem ou Bouffe moi de l’art, se sont particulièrement mobilisées. »

 

Quatremille: « Parlez-nous un peu de la construction de l’équipe, quelles sont les personnes qui ont participé à ce projet ? »

48FM: « Au niveau de l’équipe, au début il s’agissait surtout d’animateurs de la radio qui ont permis, à la fois de mettre sur pied la radio communautaire mais également – comme cela a été suggéré par nos homologues naningois – d’organiser un festival. En effet, les animateurs participants ont tous une sensibilité musicale, certains sont Djs, musiciens, chanteurs ou beatboxer. De plus, petit à petit, nous avons également eu envie de réaliser un magazine Kult, une version festival sur place et un carnet de voyage au retour. Nous nous sommes donc entourés d’un illustrateur et d’une graphiste. Nous avons également souhaité bien communiquer sur le projet. C’est pourquoi nous nous sommes également entourés de journalistes et d’un photographe. En tout nous étions 18. »

 

Quatremille: « Comment avez-vous abordé toutes les étapes de créations ? »

48FM: « La première étape a été de définir le projet en fonction des envies de chacun mais aussi et surtout des besoins sur place. Nous avons ensuite défini les moyens nécessaires à la réalisation du projet (achat du matériel, billets, logements…). Puis, il a fallu organiser différents événements pour réunir la somme nécessaire. Parallèlement, une collaboration avec le collectif culturel nianingois Pathiakh. Nous avons ensuite planifié notre travail et nous sommes repartis en différents groupes : radio, festival, magazine, com. Sur place, mise à part le groupe com, chaque groupe avait son pendant sénégalais. »

 

Quatremille: « Selon vous, quelle est la plus grosse difficulté dont vous avez dû faire face avant le départ. Et ensuite, une fois sur place ? »

48FM: « Avant le voyage c’était de se confronter aux idées préconçues qu’on a de l’Afrique. Après le départ, c’était de s’adapter aux codes, traditions, mœurs du pays, etc. »

 

Quatremille: « Pourquoi avoir choisi le Sénégal comme premier projet associatif ? »

48FM: « Ce projet est né grâce à Alain Séne, originaire de Nianing au Sénégal, par contre ce n’est pas notre premier projet. Nous avions déjà collaboré à un projet similaire en 2014 au Burkina Faso. Il s’agissait d’une collaboration avec un festival partenaire du festival Esperanzah, le Fesdig. »

 

Quatremille: « Comptez-vous essayer de reproduire la même initiative dans d’autres pays ? »

48FM: « Des projets similaires c’est difficile à dire. Nous avons la chance d’être entourés d’animateurs qui ne manquent pas d’idées donc sans doute. »

 

Quatremille: « Que signifie ce projet pour vous ? »

48FM: « Une aventure, un échange, un défi. »

 

Quatremille: « Quel est le résultat de ce projet ? »

48FM: « La radio est fonctionnelle et quelques émissions ont été enregistrées. Les clés ont été laissées à différentes personnes, jeunes et moins jeunes pour être sûr qu’elle soit accessible à un plus grand nombre. Actuellement, une association indépendante se constitue et des statuts sont rédigés, dans l’espoir également, que la radio soit bien accessible à tous. Cette association regroupe plusieurs acteurs du village : anciens, jeunes, femmes, artistes… Trois d’entre nous sont restés pour s’assurer de l’avancement dont Alain qui reste jusqu’à février. De plus, nous avons mis sur pied un groupe FB pour échanger conseils : techniques, d’animations, … Mais une chose est certaine, aujourd’hui c’est surtout la radio des nainingois, c’est donc à eux de se l’approprier. »

 

Quatremille: « Où peut-on suivre l’actualité et l’avancement du projet ? »

48FM: « Sur le site de 48fm www.48fm.com ou sur FB « Projet Côte FM ». »

 

Quatremille: « Vos prochains actifs ? »

48FM: « Nos prochains actifs par rapport au projet, c’est une soirée qui l’explique ainsi qu’un magazine Kult qui raconte nos aventures. Il y aura aussi la diffusion des sons enregistrés avec des musiciens d’ici et des photos. L’actu de la radio, c’est sur la page FB de 48FM ou sur le site web. Je voudrais insister sur le fait que la radio comme le festival que nous avons organisés se veulent un outil de sensibilisation, de promotion et de communication créés pour et par les villageois. Selon eux, la radio est un élément essentiel qui contribuera au développement de Nianing en relayant les problématiques du village, en promouvant ses nombreuses associations, ses divers artisans et artistes. »

 

 

Quelques photos de leur voyage:

 

     

     

     

     

 

Pour en savoir plus sur le Projet Côte FM on check le site internet de 48FM et la page facebook Projet Côte FM!